« Afropea » : être noir en Europe, sortir de l’impasse identitaire

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Les manifestations en France, au début de l’été, en écho à celles qui ébranlèrent l’Amérique après la mort de George Floyd, ont souligné l’ampleur du sentiment de discrimination des citoyens d’origine africaine ou antillaise. Elles ont surtout été l’occasion d’entendre de nouvelles générations qui revendiquent une approche racialiste mais la retournent contre la population majoritaire, blanche, qui infériorise, consciemment ou non, la minorité noire, ainsi « racisée ».

C’est dans ce contexte que l’écrivaine Franco-camerounaise Léonora Miano publie ces jours-ci un essai percutant qui plaide pour la réinvention d’une identité « afropéenne » afin de sortir de l’impasse de la question raciale.

« Le paradoxe est celui-ci : pour survivre à la racialisation et à tous ses corollaires, il arriva que l’on s’en saisisse pour leur confier une mission qu’ils ne pouvaient remplir. Même renversé, le stigmate ne peut acquérir de pouvoir libérateur » écrit Léonora Miano. Elle propose une « pensée de l’affranchissement » et lance, prophétique : « A l’orée du XXIe siècle, le moment est venu de nous préparer à faire nos adieux à la race noire. »

S’affranchir de la charge raciale

Avec quel outil conceptuel ? La négritude appartient au passé. Le métissage laisse une place trop incertaine aux afrodescendants. L’auteur ouvre une autre voie, « Afropea ». Elle n’a pas inventé ce terme qui trouve son origine dans les mouvements musicaux des années 1990, mais elle lui donne le statut d’« utopie post-occidentale et post-raciste » qui permette aux afrodescendants de se voir avec leurs propres yeux, de « s’affranchir de cette charge raciale ». Un chemin qui passera par la revendication d’un patrimoine culturel, esthétique ou encore « d’institutions communautaires dignes de ce nom ».

Alors qu’un discours xénophobe s’installe dans le monde intellectuel et politique, la tâche des afropéens est « titanesque », admet l’auteure. Impossible même, si le pays ne fait pas le premier pas. « Des actes sont attendus » assure Léonora Miano, qui n’hésite pas à demander des sacrifices.

Ne plus honorer Colbert

Sans aller jusqu’au déboulonnage systématique des figures historique de l’esclavage, elle suggère que Colbert ne soit plus honoré et d’enseigner à l’école l’histoire particulière que la nation partage avec chacun de ses groupes minoritaires. La nation ne doit pas envisager cette relecture du passé comme un appel à la repentance mais une « opportunité » à saisir.

« Afropea amène la France à se désoccidentaliser (…), elle est conviée à reconnaître sa poly-ethnicité. » Autant de propositions qui feront hurler la droite identitaire mais que Léonora Miano ose au nom du principe républicain de fraternité. « Afropéen, c’est travailler d’emblée au renouvellement du lien, se sentir concerné par le destin de tous », écrit la romancière-essayiste.

(1) Afropea, Grasset, 224 p. 18,50 €

La Croix

17 Commentaires

  1. Elle doit avoir un lien de parenté avec un commentateur de FDS qui a distillé ses fantasmes semi juridiques pendant trois jours de suite, sans doute en crise de la pleine lune.
    En tout cas, c’est le même style: de la belle prose ampoulée, avec des mots savants, mais un galimatias sur le fond.

  2. Encore une jérémiade anecdotique d’une noirpiaude relayée par un blanc honteux pour des blancs honteux soucieux de se br..ler sur l’autel de la repentance. Un noiraud ne lira jamais cette bouillie, trop occupé qu’il est l’animal à satisfaire ses instincts primaires surdéveloppés.

  3. Cette dinde en costume d’intello est trop conne pour ce rendre compte qu’aujourd’hui c’est elle et ses congénères les colons esclavagistes qui vivent sur le travail des Fds.

    Un jour leurs arguments se retourneront contre eux.

  4. Je n’ai colonisé personne et je suis sur la terre de mes ancêtres en France.

    Toi tu n’as jamais été esclave et au lieu de t’occuper de la terre de tes ancêtres, tu viens encore quémander chez le blanc à qui tu as encore en plus le culot de demander de tout faire.

    Alors le jour de la facture : Même si tu n’à rien fait, je viendrais moi aussi réclamer mon “dû”

    Fin de discussion.
    Commencent vraiment à me gonfler !

  5. On les a affranchi … On les a toléré … Puis supporté … Et maintenant ils nous remplacent en nous crachant à la gueule … What else ???

  6. « Afropea amène la France à se désoccidentaliser (…), elle est conviée à reconnaître sa poly-ethnicité. »

    Ah bon? En quel honneur? On ne vous a jamais conviés ici, on ne vous doit rien. Si vous n’êtes pas contents de ce qu’est la France, vous avez deux choix: vous vous la fermez, ou vous prenez vos valises et retournez d’où vous venez.

  7. Fatoumata s’est déjà affranchie de la concordance des temps.
    «il arriva que l’on s’en saisisse pour leur confier une mission qu’ils ne pouvaient remplir»
    Li concowdanse waciss ladidon

    Elle devrait aussi s’affranchir de la charge architecturale parce que là elle a l’air d’être dans un hôtel raciste et pas à poil sous un arbre à l’africaine.

    • Bien sûr que c’est TOUJOURS à nous de faire des efforts!
      L’effort est par définition une notion européenne.

      • J’avais oublié….
        Remarquez, l’effort n’est surtout pas une notion africaine… Parce que dans certains pays d’Asie ça travaille dur,honnêtement.

        • La notion d’effort est étroitement liée à celle du temps.
          L’effort doit durer dans le temps, c’est la persévérance.
          L’effort présume un départ du “zéro”, pour une arrivée… quelque part.
          Certains peuples ne peuvent pas demeurer sans efforts, c’est tout simplement impensable. Les efforts structurent leur temps, organisent le rythme des travaux et des jours.
          Tandis que d’autres peuples bullent sous l’arbre à palabres… exactement comme il y a mille ans…

  8. Ils nous pompent l’air tous ces clowns. Il est vrai qu’historiquement, on a pas grand chose à apprendre de l’Afrique à tous les niveaux: achitecture, écriture, sciences…quand on a fait sa première construction en “dur” 3000 ans après les autres, on a un peu de retard. Shiet!

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