27 avril 1702 : Mort de Jean Bart, le roi des corsaires

Jean Bart est le corsaire le plus connu de l’histoire de la Marine. Légendaire, on le connaît comme le « Renard des Mers », car il aurait capturé au cours de sa carrière presque 400 bâtiments.

Né à Dunkerque le 21 octobre 1650 dans une famille de pêcheurs et de corsaires catholiques, Jean Bart embarque pour la première fois en tant que mousse à l’âge de 8 ans. À 14 ans, il s’engage comme novice sur le vaisseau amiral de Michel de Ruyter, sous commandement des Provinces-Unies – provinces du nord des actuels Pays-Bas, alors alliées de la France contre l’Angleterre lors de la guerre de Dévolution (1667-1668).

Quelques années plus tard, en 1672, la France s’allie cette fois avec l’Angleterre contre les Provinces-Unies dans la guerre dite “de Hollande”. Comme les matelots de Dunkerque n’étaient pas soumis au système des classes mis en place par Colbert et qui oblige tout marin à servir sur un navire de guerre royal, Jean Bart embarque sur un corsaire de sa ville comme simple matelot. Son ardeur et sa ferveur séduisent un armateur qui lui confie, à seulement 23 ans, un navire de 35 tonneaux – le plus petit des trois types de navires corsaires sous Louis XIV –, le Roi David.

Après le succès de sa première prise – L’Homme Sauvage, un dogre hollandais empli de charbon –, on lui confie en 1674 la Royale (80 tonneaux, 8 canons). L’année suivante, il capture son premier navire de guerre, l’Espérance, en à peine une heure de combat.

Promu lieutenant de vaisseau en 1679, son histoire prend un tour romanesque dix ans plus tard avec la bataille de l’Île de Wight. Pour permettre aux bâtiments qu’ils escortent de s’enfuir, et bien qu’inférieurs en nombre et en armement, Jean Bart et Claude de Forbin attaquent les vaisseaux de guerre anglais qui menacent le convoi. Ils perdent la bataille mais réussissent à faire échapper les bâtiments escortés avant de se retrouver emprisonnés en Albion, à Plymouth. Sa spectaculaire évasion à peine quelques semaines plus tard – il rame seul pendant deux jours avant d’accoster à Saint-Malo – accroît le crédit de Jean Bart dans l’imaginaire populaire comme dans l’esprit du Roi Soleil. Il est fait capitaine de vaisseau dans la foulée.

La légende s’écrit le 29 juin 1694 : au large de l’île hollandaise de Texel, apercevant à l’horizon le convoi français d’une centaine de voiles qui venait d’être capturé par les Provinces-Unies, et bien qu’encore une fois inférieurs en nombre, Jean Bart et sa flotte hissent successivement le pavillon rouge (à l’attaque !) et le pavillon bleu (à l’abordage !). Le résultat est sans équivoque : 16 morts chez les Français contre plus de 300 chez les Hollandais. Alors qu’il avait été fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis par Louis XIV en 1690, la bataille de Texel lui vaut l’anoblissement par le roi.

Les Hollandais ont pu l’appeler avec une certaine rancœur « le plus grand pirate de Louis XIV ». Pourtant, en 1697, Jean Bart est fait chef d’escadre des Flandres, puis devient deux ans plus tard commandant de la Marine à Dunkerque.

Ce grand connaisseur de la mer du Nord, ce corsaire au service du roi, s’éteint d’une pleurésie à l’âge de 52 ans, le 27 avril 1702.

Zentropa