51 Hébreux noirs de Dimona sommés de quitter Israël avant le 23 septembre

Les personnes concernées, nées en Israël pour certaines, réclament un statut légal et prévoient de porter l’affaire devant les tribunaux.

Célébration de la Pâque du Nouveau Monde des Black Hebrew Israelites à Jérusalem, le 20 mai 2009. (Crédit : Jorge Novominsky/Flash 90)

Une cinquantaine de membres de la communauté des Hébreux noirs de Dimona, forte de quelque 3 000 personnes, dans le sud d’Israël, ont été informés qu’ils devaient quitter le pays d’ici le 23 septembre, faute de statut légal en Israël, sous peine d’être expulsés de force par la police de l’immigration.

En réponse aux appels demandant à être autorisés à rester, l’Autorité de la population et de l’immigration du ministère de l’Intérieur a écrit à chaque famille que ni la résidence en Israël pendant une longue période ni le travail dans le pays ne constituaient des motifs suffisants pour un changement de statut.

Les lettres ont été reçues jeudi, bien qu’elles soient datées du 9 août.

Les destinataires prévoient de faire appel de cette décision auprès d’un tribunal de Beer Sheva.

Au début de l’année, 17 lettres ont été envoyées à des familles totalisant 51 personnes, dont certaines sont nées en Israël et dont certains enfants ont servi dans Tsahal. Elles ont reçu l’ordre de partir dans les 60 jours, mais ont eu le droit de faire appel.

La communauté, qui pense descendre d’une ancienne tribu israélite, a commencé à arriver en Israël en 1969, à la suite de feu Ben Carter, un ouvrier sidérurgique de Chicago qui s’est rebaptisé Ben Ammi Ben Israël et a prétendu être le représentant de Dieu sur terre.

Ben Ammi Ben-Israel, le leader spirituel des Hébreux noirs (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Les 51 personnes qui ont reçu un avis d’expulsion sont entrées en Israël depuis les États-Unis en tant que touristes et sont restées dans le pays, illégalement, une fois leur séjour autorisé de trois mois terminé.

Certains sont des adultes qui sont nés en Israël, selon Ashriel Moore, qui coordonne la campagne visant à stopper les expulsions. Parmi eux, certains ont leurs propres enfants. Ceux qui n’ont pas droit à la citoyenneté américaine ou qui l’ont abandonnée sont apatrides et n’ont nulle part où aller.

Selon son site web, la communauté, qui autorise la polygamie, n’adhère à aucune religion « car les religions n’ont fait que diviser les hommes ». Elle observe cependant le Shabbat et les fêtes juives mentionnées dans la Torah, circoncit ses enfants mâles huit jours après leur naissance et exige des femmes qu’elles observent les lois bibliques de purification.

Elle n’est pas reconnue comme juive par les autorités religieuses d’Israël.

Des membres de la communauté connue sous le nom des Hébreux noirs de Dimona, lors des célébrations de la Pâque du Nouveau Monde qui marque leur exode des États-Unis, dans la ville de Dimona, dans le sud d’Israël, le 18 juillet 2016. (Corinna Kern / FLASH90)

De nombreux membres de la communauté ont obtenu la résidence permanente en 2003. Depuis 2004, ses jeunes servent dans l’armée israélienne. Ceux qui terminent leur service militaire peuvent demander la citoyenneté, et la plupart des demandes sont approuvées.

En 2014, Gideon Saar, alors ministre de l’Intérieur, a annoncé que les résidents permanents pouvaient acquérir la citoyenneté s’ils renonçaient à leur nationalité américaine. (Ceux qui avaient effectué leur service militaire pouvaient demander la citoyenneté sans renoncer à leur passeport américain s’ils en avaient un).

Moore, âgé de 30 ans, fils d’un des fondateurs de la communauté et citoyen israélien grâce à son service dans l’armée israélienne, a déclaré que les membres de la communauté paient des impôts et sont pleinement intégrés dans les écoles publiques et dans la vie de Dimona en général.

THE TIMES OF ISRAËL