A Chicago, la maire organise une interview en non-mixité pour défendre la mixité

Pour célébrer le deuxième anniversaire de son élection à la tête de la mégalopole américaine, Lori Lightfoot a décidé d’organiser une séance d’interview réservée aux journalistes appartenant aux minorités. Son but : lutter contre le manque de diversité dans les médias.

La maire de Chicago, Lori Lightfoot, le 23 juillet. (Kamil Krzaczynski/Reuters)

C’est par une lettre que les journalistes qui ont l’habitude de couvrir les allées et venues de Lori Lightfoot ont appris la nouvelle. A l’occasion d’une interview pour célébrer ses deux années à la mairie de Chicago, la démocrate de 58 ans, ancienne avocate, a voulu «rompre avec le statu quo» : les journalistes accrédités et autorisés à l’interviewer devront appartenir aux minorités.

«Depuis le premier jour de ma campagne, en 2018, j’ai été frappée par la proportion ultra-dominante de personnes blanches et d’hommes au sein des médias de Chicago, des responsables éditoriaux, des journalistes politiques et de ceux qui couvrent la mairie en particulier», a écrit l’édile dans une série de tweets publiée mercredi, ainsi que dans la missive adressée aux journalistes locaux.

«C’est une honte qu’en 2021 les journalistes accrédités à la mairie soient très majoritairement blancs dans une ville où plus de la moitié des habitants sont noirs, hispaniques, d’origine asiatique ou amérindienne, a-t-elle tweeté. C’est un déséquilibre qui doit changer. Chicago est une ville de classe mondiale. Nos médias locaux doivent refléter les multiples cultures qui les composent.»

Lori Lightfoot a été élue maire de la troisième ville la plus peuplée du pays avec 74% des voix face à Toni Preckwinkle, autre démocrate afro-américaine. Elle est également devenue la première personne ouvertement homosexuelle à diriger cette ville des Etats-Unis. Depuis 1837, la municipalité de Chicago n’a été dirigée qu’une fois par un Noir et une fois par une femme blanche, et est devenue, avec l’élection de Lori Lightfoot, la plus grande ville du pays à porter à sa tête une femme noire.

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Libération