À Malte, l’extrême droite tisse sa toile

Dans l’île méditerranéenne, des groupes néofascistes toujours plus nombreux alimentent les tensions entre les habitants et les communautés de migrants. L’hebdomadaire italien Il Venerdì s’est rendu sur place pour parler avec ces hommes qui s’érigent en défenseurs de l’Europe.

Hamrun (Malte) — Une lumière couleur miel inonde les ruelles poussiéreuses de Hamrun. Elle éclaire les façades en calcaire des immeubles et le grès de l’église Saint-Gaëtan, le vénéré patron de cette petite ville maltaise. Sur les côtés de la Triq San Guzepp, la longue rue qui s’étend jusqu’à la colline de Floriana puis descend vers la capitale, La Valette, s’alignent les enseignes de magasins qui composent cette joyeuse Babel multiculturelle.

Le coiffeur ghanéen Adamfo Pa, le supermarché indien Namasté, la boucherie afghane Musa, une boutique srilankaise qui répare les téléphones portables, puis une épicerie érythréenne, le restaurant chinois de plats à emporter Golden Lily et, plus loin, à côté du siège des Spartans, le populaire club de football local, le restaurant libanais Baba Ghannoush.

“Je me bats pour une Europe poutinienne”

“Ils disent que je suis raciste, mais je suis simplement patriote. Je vois mon quartier se remplir d’étrangers, surtout d’Africains et de musulmans. Alors qu’est-ce que je dois faire : attendre qu’ils me mettent à la porte de chez moi? Je suis un bon catholique et je me bats pour une Europe poutinienne, musclée, avec des règles claires et, surtout, des ports fermés”, lâche Raymond Ambrogio.

L’homme est un ex-policier qui fait partie des militants antimigrants les plus connus à Malte, et pendant qu’il défend ses idées, il montre une vidéo de son action de protestation contre l’ONG Aditus, une des associations les plus actives dans la défense des droits des migrants de l’île. En septembre dernier, M. Ambrogio et des manifestants ont affiché sur la façade du siège de l’ONG le slogan “Stop au trafic d’êtres humains”.

“C’est vrai, j’admire Hitler et Mussolini, et aujourd’hui, mon politique préféré, c’est Poutine, mais je cherche seulement à défendre le pays que j’aime…[…]

Courrier international