Afrique du Sud : Janusz Walus, l’assassin du militant anti-apartheid Chris Hani, poignardé en prison deux jours avant sa libération

Le mouvement de colère contre la libération de l’assassin du militant anti-apartheid Chris Hani continue de parcourir l’Afrique du Sud. Ce mercredi 30 novembre, des centaines de manifestants ont protesté à Pretoria ville dans laquelle le détenue est incarcéré.

La veille, Janusz Walus a été blessé en prison par arme blanche, deux jours avant sa remise en liberté conditionnelle sur décision de la Cour constitutionnelle. Janus Walus devait sortir dans deux jours après presque 30 ans de détention pour le meurtre en 1993 de Chris Hani.

Janusz Walus recevait des soins ce mardi soir après avoir été poignardé par un autre détenu, selon l’administration pénitentiaire. Il se trouverait dans « un état stable ». La remise en liberté conditionnelle imminente de cet homme aujourd’hui âgé de 69 ans faisait polémique en Afrique du Sud, tant celui qu’il a assassiné il y a presque 30 ans reste une figure majeure de la lutte contre l’apartheid. Sa mémoire est d’ailleurs honorée chaque année.

Le 10 avril 1993, Janusz Walus, un immigré polonais lié à l’extrême droite blanche et afrikaner, tire à bout portant sur Chris Hani. Ce dernier meurt sur place, dans l’allée de son garage. Il a 50 ans. Son assassinat provoque des émeutes dans les townships, alors que des négociations politiques sont menées pour organiser les premières élections démocratiques du pays l’année suivante. Le nouveau régime issu du scrutin de 1994 a d’ailleurs commué la condamnation à mort de Janusz Walus en réclusion à perpétuité. 

Celui-ci faisait depuis 20 ans des demandes de liberté conditionnelle. La justice la lui a accordée la semaine dernière. Des dizaines de personnes avaient manifesté contre cette décision, qualifiée de « diabolique » par la veuve de Chris Hani. Janusz Walus devait sortir au plus tard dans deux jours.

“Nous sommes ici pour exprimer notre solidarité avec le peuple sud-africain notamment ceux qui nous ont envoyé des messages privés et ceux qui les ont partagés publiquement. Ils se sent lésés par tous les partis politiques et institutions. Comme nous le savons tous, le 27 avril rend hommage au sang versé par Chris Hani mais aussi à tous les martyrs de la liberté qui ont lutté pour la liberté dans ce pays”, a déclaré lors de la marche Solly Mapaila, Secrétaire général du parti communiste sud-africain.

Âgé aujourd’hui de 69 ans, Janusz Walus a abattu de plusieurs balles Chris Hani en avril 1993. En prison depuis plus de 29 ans, l’immigré polonais lié à l’extrême droite au moment des faits a bénéficié d’une libération anticipée.”

Vent debout contre cette décision, le parti communiste et l’ANC tentent depuis de faire pression sur le gouvernement pour l’annuler. “Même si nous respectons le règne de la loi et la constitution, nous ne sommes pas contents. Je pense que la loi doit reconnaître la moralité, car ce n’est pas normal qu’une personne qui a presque fait chuter le pays dans une crise soit libéré comme ça, nous ne sommes pas d’accord”, a expliqué George Matjila, secrétaire régional de l’ANC.

Figure incontestable du mouvement anti-apartheid, Chris Hani a été le secrétaire général du parti communiste sud-africain ainsi que l’un des chefs militaires de la branche armée de l’ANC à la fin des années 1980 et jusqu’à sa mort.

RFI