Afrique du Sud : Le gouvernement du KwaZulu-Natal confronté à l’incendie d’antennes 5G, accusées de propager le Covid

Quatre tours de télécommunication ont été incendiées début janvier en Afrique du Sud après la diffusion de messages liant la propagation du Covid-19 au déploiement de la 5G.

Début janvier, quatre tours de télécommunication ont été incendiées dans la province du Kwazalu-Natal, en l’espace de quelques jours. Voir des installations comme celles-ci faire l’objet de vandalisme est loin d’être inédit en Afrique du Sud. Mais comme le souligne le porte-parole de Vodacom, Byron Kennedy: “dans les cas de vandalisme traditionnels qui prennent pour cible les stations, les voleurs s’introduisent dans les bases du réseau de télécommunication pour y voler des batteries et du cuivre”.

À l’inverse, ces tours ont été brûlées, et le phénomène intervient alors que le pays note une résurgence des théories du complot liées au Covid-19. Relayer ces théories est passible de six mois d’emprisonnement et/ou d’une amende depuis le début de la pandémie, en mars 2020. Ce fut l’une des premières mesures adoptées par le gouvernement pour mobiliser le public autour de la lutte contre le virus.

Récemment pourtant, un post publié sur Facebook assurant que “les gens meurent en pensant qu’ils succombent au coronavirus, mais ce n’est pas le cas, c’est la 5G qui les tue” a été partagé plus de 12.000 fois et vu par plus de 300.000 personnes.

Du réseau 5G au Covid-19

Le 4 janvier, la veille de l’incendie des premières tours, un conseiller local de l’ANC, le parti au pouvoir, indiquait lui aussi dans une note vocale la chose suivante : “En tant que leader d’eThekwini (municipalité comprenant la ville de Durban), nous devons prendre des mesures contre cette maladie. Ce n’est pas le Covid. Nous attrapons cette chose à cause des tours 5G, certaines ont été installées dernièrement en préparation de la seconde vague.”

L’ANC a condamné ces propos qualifiés de “folie” et n’exclut pas des sanctions disciplinaires. Dix jours plus tard, le ministre de la Santé, Zweli Mkhize, a également mis les choses au clair sur Twitter : “Les tours de réseau 5G ne transmettent pas le Covid-19. Le virus se répand par les gouttelettes respiratoires émises par une personne infectée”, écrit-il. Son post est accompagné d’un message du gouvernement rappelant que “les virus ne peuvent pas voyager par ondes radio ni réseau téléphonique” et que “le Covid-19 se propage dans de nombreux pays qui n’ont pas de réseau mobile 5G”.

Des théories complotistes devenues virales

Apparue dans un journal belge, la théorie selon laquelle la 5G serait à l’origine du Covid-19 a fait le tour du monde et entraîné des destructions d’équipements de télécommunication en Bolivie et en Europe. En Afrique du Sud, la résurgence du discours complotiste intervient alors que le pays s’apprête à déployer son programme de vaccination contre le Covid-19.

L’auteur du post partagé plus de 12.000 fois sur Facebook poursuit ainsi son message en assurant que les vaccins sont “sataniques”, et que le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a rejoint le culte de satan qui verra émerger un seul et unique leader mondial.

De nombreux Sud-Africains sont sceptiques au sujet des vaccins. D’après un sondage Ipsos pour le Forum économique mondial, seulement la moitié d’entre eux (53 %) se disaient prêts à se faire vacciner mi-décembre. C’est à peine plus que les Français. Champions de la défiance face aux vaccins, seuls 40 % étaient prêts à recevoir l’injection mi-décembre, d’après le même sondage.

Daily Maverick

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