Afrique du Sud : Une nouvelle affaire d’humiliation raciste à l’université secoue le pays

Une vidéo montrant un étudiant blanc qui urine sur les affaires d’un élève noir dans une résidence de l’université de Stellenbosch choque le pays. La presse dénonce la persistance de vestiges de l’apartheid dans certains établissements scolaires.

“Encore une fois, un acte raciste secoue l’Afrique du Sud”. En cause, la publication sur les réseaux sociaux, lundi 16 mai, d’une vidéo montrant un élève blanc en train d’uriner sur les affaires d’un élève noir, dans une résidence de l’université de Stellenbosch, près du Cap. L’université a suspendu l’étudiant mis en cause et ouvert une enquête, mais une pétition appelle à son expulsion immédiate. Plusieurs médias soulignent que l’incident n’est pas un cas isolé.

La scène se déroule le dimanche 15 mai. Réveillé par un bruit, Babalo Ndwayana trouve un étudiant blanc occupé à uriner sur son bureau, son ordinateur et ses livres. Il sort son téléphone et commence à filmer. “Qu’est-ce que tu fais dans ma chambre ?” demande le jeune homme. Face à lui, Theuns du Toit, un étudiant en première année de droit. Il ignore son interlocuteur avant de lâcher : “J’attends quelqu’un, mon garçon.” Puis de marmonner, sans détourner le regard : “C’est ce que font les gars blancs.”

Un professeur de l’université de Stellenbosch, qui a accepté de s’exprimer sous couvert d’anonymat, a déclaré que cet incident n’était que la partie émergée de l’iceberg en ce qui concerne les problèmes de racisme au sein de l’institution. “Il ne s’agit pas non plus d’un incident isolé. La pathologie de cette humiliation se manifeste sous de nombreuses formes, flagrantes et cachées. Il y a beaucoup d’incidents cachés et beaucoup d’incidents plus dissimulés, silencieux, inexprimables”, a déclaré le professeur.

De nombreux manifestants réclament de sévères sanctions à l’encontre de l’étudiant raciste

“Nous voulons que cet étudiant, qui est l’auteur des faits, soit expulsé de l’université et que l’université puisse créer une commission d’enquête sur le racisme dans cet établissement”, demande Sifiso Zulu, membre d’une association étudiante lors d’une manifestation dans la ville au sud de l’Afrique du Sud.

“C’est très important que les étudiants se réunissent comme ça, pour que les gens qui sont plus haut placés nous entendent. Je pense que ce qui se passe est quelque chose qui doit être approfondi”, ajoute Mickaelib Lawrence, étudiante de l’université de Stellenbosch.

L’étudiant en première année Babalo Ndwayana explique avoir été réveillé tôt dimanche 15 mai, par son agresseur qui urinait sur son ordinateur et ses livres posés sur son bureau. Lorsque le jeune homme de 20 ans lui a demandé pourquoi il faisait ça, son agresseur aurait lâché, “J’attends quelqu’un, mon garçon.” et aurait marmonné, “C’est ce que font les gars blancs.” Bablo Nwayana a depuis porté plainte.

De son côté, la direction de l’établissement a tenté de calmer les esprits en indiquant que l’expulsion définitive de l’auteur était possible et qu’une enquête était en cours. “Nous tous, nous devons travailler ensemble de manière constructive. Nous devons permettre à la procédure régulière de se dérouler et veiller ensemble à ce qu’aucun racisme ou discrimination ne prenne pied dans notre communauté universitaire de Stellenbosch, ni maintenant ni à l’avenir”, a déclaré Wim de Villiers, le vice-président de l’université de Stellenbosch devant une foule de manifestants réunis devant l’université jeudi 19 mai.

The Citizen