Aimargues (30) : Décès du pasteur Jean Costil, militant antiraciste à qui “des centaines et des centaines de clandestins doivent leurs papiers”

Le pasteur Jean Costil, connu pour avoir initié depuis Lyon en 1983 la marche antiraciste dite «des beurs» avec le père Christian Delorme, est décédé mercredi 16 décembre à 78 ans, a-t-on appris de sources concordantes.

Avec le père Delorme, Jean Costil avait mené cette célèbre marche de jeunes du quartier des Minguettes, à Vénissieux dans la banlieue lyonnaise, pour l’égalité et contre le racisme à l’automne 1983. Partie dans l’indifférence générale de Marseille après le meurtre raciste d’un enfant de 13 ans, elle avait été accueillie à Paris le 3 décembre de la même année par 100.000 personnes et leurs représentants avaient été reçus par François Mitterrand.

«Pensées pour Jean Costil qui vient de nous quitter. Un grand respect pour ses combats contre les violences policières, contre les expulsions de jeunes maghrébins et bien sûr pour son rôle dans la Marche de 1983», a tweeté jeudi 17 décembre Renaud Payre, le vice-président de la Métropole de Lyon délégué au logement et à la politique de la ville.

Pasteur d’Anduze dans les Cévennes, il était arrivé à Lyon à la fin des années 1970 où il avait été délégué national de la Cimade en Rhône-Alpes jusqu’en 2007, un service œcuménique d’entraide engagé auprès des étrangers en situation irrégulière. […]

«À son arrivée à Lyon, il ne connaissait rien à la question du droit des étrangers. Il est devenu expert en développant une approche professionnelle du sujet, passant par une connaissance technique du droit et de ses évolutions», ajoute Ploquin, qui se souvient des permanences à la Cimade avec le pasteur Costil. «Il a vu passer des centaines et des centaines de personnes qu’il a aidées à obtenir des papiers», témoigne-t-il.

«C’est un roc qui s’en va, un personnage au sens du devoir absolu», a salué de son côté le père Christian Delorme au Progrès. «Il se donnait totalement dans tout ce qu’il faisait. Il ne supportait pas l’injustice et s’engageait complètement. Dans la Métropole lyonnaise, des centaines de familles lui doivent leurs papiers (…)Nous perdons une grande figure», a ajouté le prêtre lyonnais.

Jean Costil était également un opposant de longue date à la double peine, contre laquelle il avait mené une grève de la faim de 30 jours en avril 1981. […]

Le Figaro