Aix-Marseille : “Systématiquement, c’est le groupe de personnes noires qui a été refusé”, selon SOS racisme, les discothèques font de la discrimination raciale

SOS Racisme épingle des discothèques provençales. D’après l’association, deux des trois établissements de nuit testés à Marseille et Aix refusent des gens en fonction de leur couleur de peau

Lorsque le soleil se couche, et que la fête s’empare de Marseille, les discriminations, elles non plus, ne dorment pas. Le 30 juillet, SOS Racisme s’est rendue à Marseille pour une opération testing, une méthode utilisée depuis les années 2000. “L’association a testé trois établissements de nuit (bar dansant et boîtes, ndlr.) à Aix et Marseille, après avoir reçu des signalements“, nous explique Saphia Aït Ouarabi, vice-présidente de l’association qui a mené l’opération. D’après les conclusions de l’association, deux des trois boîtes de nuit testées dans les deux villes effectueraient un “tri” autre que le traditionnel passage sous l’œil du physio : tenue, chaussure, attitude. La couleur de peau y serait elle aussi pour quelque chose.

L’association a constitué des groupes différenciés par leur couleur de peau : un groupe composé de personnes maghrébines, un autre de personnes noires et un dernier, appelé “groupe contrôle“, où se trouvaient uniquement des individus blancs. Le nombre, le genre, la tenue vestimentaire et l’âge des personnes étaient répartis également entre chaque équipe. Elles se sont ensuite présentées à l’entrée des établissements. Conclusion : un établissement de nuit a refusé le groupe noir à Marseille, un autre à Aix. La militante insiste : “Systématiquement, c’est le groupe de personnes noires qui a été refusé. Les personnes maghrébines et blanches sont entrées sans difficulté“.

Réalité systémique

En plus de boîtes de nuit, l’association a aussi organisé, le 30 juillet, des testing sur les plages privées de la Côte d’Azur et de Marseille. Le constat est, lui aussi, sans appel : ces établissements font de la discrimination raciale. Systématiquement, des plaintes contre les établissements ont été déposées. Pour l’instant, elles n’ont pas débouché sur des poursuites judiciaires. “La sanction est difficile à obtenir, cela démontre une réalité systémique dans la société française“, explique Saphia Aït Ouarabi, avant de conclure : “Mais lorsqu’il y a sanction, on voit des changements concrets“.

La Provence