Alençon (61) : Ils réclament à la préfète une « issue humaine » pour de jeunes migrants

Un rassemblement a eu lieu, mardi 13 avril 2021, devant la préfecture à Alençon (Orne). Les manifestants veulent rencontrer la préfète pour empêcher l’expulsion de jeunes migrants. Mardi 13 avril 2021, un rassemblement, réunissant une quarantaine de personnes, a eu lieu devant les grilles de la préfecture de l’Orne, à Alençon vers 18 h.

À l’appel de plusieurs associations et syndicats, les manifestants demandent une rencontre avec la préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, afin de mieux accompagner les jeunes migrants, une fois le cap de la majorité passé.

La majorité, « un couperet » ?

« Il faut que le gouvernement et les préfectures arrêtent d’émettre automatiquement des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) à l’encontre de ces jeunes », a déploré Dominique Genevoix du Réseau éducation sans frontières de l’Orne (RESF 61).

Ces jeunes migrants, souvent arrivés en France mineurs, ont pour la plupart d’entre eux été accompagnés, scolarisés et parfois hébergés par les associatifs réunis ce jour-là. « Les jeunes que nous accompagnons vivent l’arrivée de leur majorité avec angoisse », a-t-elle raconté. Selon elle, il faut que la majorité ne soit plus « un couperet dans l’accompagnement de ces jeunes ».

Selon elle, ces jeunes migrants perdent de nombreux droits auxquels ils étaient éligibles en tant que mineurs non-accompagnés (MNA) : « un hébergement, les aides à la mobilité, etc. » « Accompagner ces enfants est un travail à temps complet », a estimé Chantal, membre de l’association. « Il faut les scolariser, faire les demandes de stages ou d’apprentissages, remplir les formulaires administratifs que ce soit avec la préfecture ou avec la Sécurité sociale, etc. »

Ces jeunes veulent apprendre un métier et travailler dans des secteurs qui sont boudés par nos compatriotes. Ils représentent une vraie richesse pour l’économie du pays. » – Henri, 80 ans, artisan du pays d’Alençon à la retraite

Ce rassemblement devant la préfecture de l’Orne a été organisé via un appel de plusieurs associations et syndicats : Réseau éducation sans frontières, Ligue des droits de l’Homme, Emmaüs, Amnesty International, Ligue de l’enseignement, le Collectif du droit des femmes, Sud éducation, la FSU ou encore la CGT de l’Orne.

Une demande restée lettre morte

Ce n’est pas la première fois que les membres de ces associations se mobilisent devant la préfecture de l’Orne. Le 24 février 2021, un rassemblement s’était également tenu pour demander une rencontre avec la préfète, ainsi que l’annulation des OQTF adressées à deux jeunes hommes migrants résidant à Flers et à Argentan. Une demande restée lettre morte.

« L’un des jeunes a pu reprendre le travail. Il a obtenu un récépissé d’une durée de deux mois », a expliqué Dominique Genevoix. Quant à l’autre jeune homme, un recours a été déposé auprès du tribunal administratif pour annuler l’OQTF qui lui a été adressée : « il attend le jugement au tribunal administratif, prévu pour mai. »

Une lenteur administratif qui complique également la vie d’Ibrahima, présent au rassemblement. Âgé de 21 ans, le jeune homme originaire de Guinée-Conakry est confrontée aux difficultés administratives du système. « Je suis arrivé à Alençon en octobre 2016, j’ai d’abord été aidé par la Cimade et j’ai ensuite été hébergé par un couple à Semallé. Aujourd’hui, je suis compagnon chez Emmaüs », a-t-il raconté.

Pour travailler, il me faut des papiers, mais pour obtenir ces papiers il me faut trois ans de présence sur le territoire et une promesse d’embauche. » – Ibrahima

Un précieux sésame bien difficile à obtenir en ces temps de crise sanitaire pour ce jeune homme qui espère pouvoir devenir cuisinier ou livreur.

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