Alès (30) : “Respire la vie” alerte sur le gaz hilarant, ces ballons du rire qui sèment… la mort

Le court-métrage “Respire la vie”, réalisé par l’association Raia, évoque les dangers de l’inhalation du protoxyde d’azote. Tout est parti de la découverte par Fouad Bourmacid, directeur de l’association Raia aux Près Saint-Jean, d’une bonbonne de couleur bleue, du protoxyde d’azote, abandonnée sur la chaussée.

Avec la preuve que le phénomène d’inhalation de ce gaz aux effets hilarants, absorbé en utilisant des ballons de baudruche, avait touché la ville d’Alès, l’association s’est engagée afin d’alerter sur les dangers de cette pratique.

Intitulé Respire la vie, le court-métrage de 8 minutes diffusé jeudi, en présence de mères de famille et d’une vingtaine d’adolescents, s’achève par un écran noir, comme un symbole de la perte de connaissance du personnage Marouane. Un projet conçu par Idriss Coste, directeur du centre de loisirs. La diffusion, suivie d’un échange avec trois jeunes adultes, a montré sa pertinence au vu de l’ignorance de l’assistance.

Un film projeté en présence de trois jeunes adultes Djadi, Ayoub et Chabane, venu témoigner des dangers d’une pratique en apparence festive mais dangereuse

Franchement, le ballon ça craint, martèle d’emblée Djadi. Les effets sont environ deux minutes de vertige puis, soudain, un trou noir. Certains se sont réveillés à l’hôpital ou dans le fossé car ils conduisaient une voiture. Dans les grandes villes c’est une hécatombe avec le nombre d’accidents !

Une recherche de sensations dont le danger réside dans son aspect festif, le ballon de baudruche, mais dont les premières victimes dans l’entourage des jeunes sont maintenant visibles. Chabane, deuxième invité à témoigner relate l’histoire de “ce bon copain, un bon vivant, tombé dans l’addiction et qui est resté “perché“. Depuis un mois, c’est un vrai légume, il ne sort plus car il est devenu paranoïaque et a demandé à dormir avec sa mère. Si ça arrive a lui, ça peut arriver à tout le monde !

Un propos qui frappe et inquiète les mères de famille s’interrogeant sur la provenance du produit. “Au départ c’est un produit qui sert de gaz, dans les siphons, pour les crèmes chantilly que l’on trouve en magasin, souligne Idriss Coste. Avec le développement du phénomène on le trouve aujourd’hui via internet ou les réseaux sociaux.

Accessible, d’un prix moyen de 25 €, une bonbonne permet de réaliser une soixantaine d’inhalations et modifie la voix, un des moyens de détecter son usage. “Avec ce court-métrage, nous ne souhaitons pas être dans une démarche de moralité mais surtout que les jeunes prennent conscience du danger“, conclut Fouad Boumarcid.

Un court-métrage afin de sensibiliser

Asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé, désorientation, vertiges, chutes et, en cas de consommations répétées et à intervalles rapprochés ou à fortes doses, de sévères troubles neurologiques, hématologiques, psychiatriques ou cardiaques peuvent survenir.

Les dangers sont bien là comme le démontre ce film réalisé Idriss Coste, nouveau directeur du centre de loisirs, monté par Fouad Boumarcid, relatant la dramatique aventure d’un groupe de jeunes, les acteurs Nolan, Hmaza, Inès, Merwan, Yannis, Aymen et Manel, s’essayant au protoxyde d’azote jusqu’à la perte de connaissance de l’un d’eux.

Midi Libre