Algérie : à la rencontre des « fous du guidon » de DJ Snake

Capture d’écran du clip « Disco Maghreb », le dernier tube de DJ Snake.

Le clip du tube « Disco Maghreb » a offert une visibilité médiatique sans précédent à une pratique aussi populaire que dangereuse : le rallye 103. Radiographie d’un phénomène spécifiquement algérien.

Couchés sur leur frêle cyclomoteur en position aérodynamique, les mains fermement agrippées au petit guidon, les pieds dépassant largement de l’engin qu’ils chevauchent allègrement, ils filent à toute vitesse sur une autoroute déserte, quand ils ne slaloment pas entre voitures et camions, jouant dangereusement à les doubler.

De jour comme de nuit, qu’il pleuve ou qu’il fasse une chaleur à faire fondre l’asphalte de Oued Rhiou, dans la wilaya de Relizane, ces trompe-la-mort sont là pour vivre leur passion : battre des records de vitesse et disparaître dans la nature sans laisser de trace.

Si leurs « exploits » sont parfois filmés par leurs amis, qui les suivent en voiture, eux rechignent à se mettre en avant sur les réseaux sociaux. Bienvenue dans le club fermé des passionnés de la Peugeot 103.

Né il y a une vingtaine d’années on ne sait trop comment, le « ride » ou « rallye 103 » est un « sport » assourdissant, mais surtout très dangereux, qui se pratique entre petits groupes d’initiés ou en bandes pouvant facilement atteindre la cinquantaine d’individus. Le phénomène est surtout répandu dans des villes de l’ouest algérien, comme Oran, Relizane, Sig, Aïn Témouchent et Sidi Bel Abbès.

Ce qui s’explique sans doute par le fait que l’autoroute dans cette partie du pays est aussi plate que rectiligne et la circulation souvent fluide, à la différences des routes du Centre et de l’Est, le plus souvent engorgées.

« Hnech el moto »

Pour assouvir cette passion de la mécanique et de la vitesse, ils jouent souvent au chat et à la souris avec gendarmes et policiers. Pour ces fous du guidon, des dizaines de moteurs poussés à fond et les sons stridents qui sortent de leurs pots d’échappement et vrillent les tympans au milieu de la nuit sont la plus belle des mélodies…[…]

La suite: Jeune Afrique