Algérie : L’apprenti-coach de football Franco-Marocain Abdeslam Ouaddou, victime de racisme

L’ex-international marocain, et joueur de Nancy et de Rennes, a rejoint à la fin de 2020 l’équipe nationale d’Algérie comme apprenti coach. Ce choix lui vaut d’être considéré comme un « traître » par certains de ses compatriotes.

Le football est aussi un outil politique. Le Franco-Marocain Abdeslam Ouaddou ne l’ignorait pas, mais il le subit brutalement. A 42 ans, l’ancien défenseur de Nancy et de Rennes, qui fut aussi capitaine de l’équipe nationale du Maroc, se retrouve pris dans la nasse des passions autour du Sahara occidental, l’un des plus vieux conflits non résolus d’Afrique.

Depuis quelques mois, le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, se défient à nouveau militairement. Sur les réseaux sociaux, des extrémistes des deux camps diffusent haine et propagande, insultes et calomnies. C’est dans ce contexte que M. Ouaddou se voit considéré comme un « traître » par des compatriotes, soupçonné d’être un « agent » des services secrets algériens. Il fait également l’objet d’attaques racistes – certains internautes moquent sa peau hâlée de Marocain du Sud et le comparent à un singe.

Peut-être par naïveté, provocation ou colère, il a rejoint, à la fin de 2020, l’équipe nationale d’Algérie comme apprenti coach. Après avoir porté durant plus de dix ans le maillot du Maroc, le sportif a jeté son dévolu sur le champion en titre d’Afrique pour effectuer un stage nécessaire à l’obtention de son diplôme d’entraîneur. Ce qui fait de lui une cible.

« Je regrette un conformisme idéologique »

« Mais de quel ennemi ils parlent ? Moi, je suis sur le terrain du foot, pas de la politique, dit-il, encore blessé par la violence des propos. Je regrette un conformisme idéologique et une dictature de la pensée dangereuse pour le Maroc. Je fais ce que je veux et je suis honoré d’avoir été accueilli en Algérie. »

Pour expliquer son choix, M. Ouaddou met en avant sa volonté d’apprendre au côté du « meilleur entraîneur africain ». C’est ainsi qu’il parle du sélectionneur algérien, Djamel Belmadi, qui fut brièvement son coach au Qatar. […]

Le Monde