Algérie : Pénurie de pâtes suite à la décision du gouvernement de mettre fin à la subvention du blé

Depuis quelques jours, les Algériens ont vu les paquets de pâtes alimentaires se faire rares dans les rayons des magasins et chez l’épicier du coin. Et s’ils en trouvent, ils doivent débourser en moyenne 20 à 30 % de plus que d’habitude. En cause, une spirale spéculative due à la levée en septembre 2020 des subventions du blé tendre et dur.

Malgré le gel de cette décision annoncé par le ministre du Commerce, les prix ont continué à grimper et la pénurie se poursuit. De plus en plus incapable de financer les aides sociales, le gouvernement algérien avait décidé de faire des choix: continuer à subventionner la semoule et mettre un coup d’arrêt aux subventions des produits dérivés de la farine, à l’image des pâtes alimentaires.

Mohamed Benagoudjil, directeur commercial de l’un des principaux producteurs de pâtes alimentaires, confie que les deux décrets promulgués en septembre et relatifs à la levée de la subvention sont à l’origine d’une grande confusion dans le secteur. Il explique que les producteurs optent désormais pour l’importation du blé canadien. Un blé soumis aux aléas du marché international mais surtout dont le coût d’importation est exagéré par l’importante dépréciation du dinar.

Pour ne rien arranger, l’offre a été amputée de celle des “Moulins d’Amor Benamor”, l’un des principaux producteurs de pâtes alimentaires, qui a cessé de produire depuis août 2020.Toutefois, “les lignes de production de l’usine Amor Benamor des pâtes alimentaires et couscous (Guelma) ont commencé, mardi 23 février, à tourner, à la faveur de l’arrivée de la première cargaison de la matière première, le blé”, a annoncé le site d’information dédié aux entreprises pme-dz.

Grogne sociale

Toujours est-il que, malgré cette reprise et le gel des décrets de levée des subventions, le marché a été complètement perturbé. Les industriels demandent aujourd’hui à l’État de remettre de l’ordre et de clarifier sa politique de subvention.Le gouvernement avait signé les décrets d’une main tremblante, puis avait décidé de les geler pour éviter une grogne sociale au moment où la crise économique se fait sentir dans le pays.

El Watan