Allemagne : L’Apache Winnetou symbole du racisme colonial ? Un film et deux livres pour enfants relancent les débats sur la “cancel culture”

Le personnage des romans de Karl May, très populaire chez les Allemands, est au centre d’une polémique qui divise le pays sur son passé colonial et l’appropriation culturelle.

La sortie en août de cette adaptation cinématographique et de livres inspirés du célèbre roman de Karl May a mis le feu aux poudres. Les aventures de l’Apache Winnetou, un personnage du célèbre écrivain allemand Karl May, font l’objet d’importantes critiques Outre-Rhin après des accusations de racisme et d’appropriation culturelle.

Image extraite du film « Der junge Häuptling Winnetou », de Mike Marzuk.

La sortie en août de cette adaptation cinématographique et de livres inspirés du célèbre roman de Karl May a mis le feu aux poudres. Deux petits livres retirés de la vente et c’est tout un mythe qui s’effondre. Winnetou, un chef de tribu Apache imaginaire dont les histoires de Far West écrites par Karl May à la fin du XIXe siècle ont bercé la jeunesse de millions de germanophones, s’est transformé tout à coup en symbole du racisme colonial.

Le film Der junge Häuptling Winnetou [“Le jeune chef Winnetou”] devait être un succès en Allemagne. Les producteurs comptaient sur cette figure mythique de la littérature pour enfants, créée par l’écrivain Karl May à la fin du XIXe siècle, pour attirer les foules. Les aventures du jeune Apache ont déjà fait l’objet de plusieurs longs métrages dans les années 1960 et d’une série télévisée, vingt ans plus tard. À chaque fois, le public allemand était au rendez-vous.

Pourtant, l’œuvre ne fait pas les gros titres pour son nombre d’entrées, mais pour une polémique. Après sa sortie, le 11 août, l’entreprise Ravensburger avait annoncé la mise en vente de plusieurs produits estampillés Winnetou, dont deux albums jeunesse pour accompagner la sortie du film allemand. Quelques jours plus tard, “elle a décidé de les retirer de la vente, suite à des accusations de racisme”.

Selon l’entreprise de livres et jouets pour enfants, les aventures du jeune Apache véhiculeraient “un imaginaire romantique et plein de clichés” sur le mode de vie des Amérindiens. Elles éclipseraient notamment “l’oppression” dont ces populations ont été victimes en Amérique du Nord.

Messages problématiques ou “hystérie woke” ?

Tribune de Genève