Allemagne : Une étude présente le doublement de l’immigration comme solution au vieillissement de la population

Les prévisions démographiques tablent sur une baisse sensible du nombre d’actifs à moyen terme en Allemagne, d’où le risque de faillites et de délocalisations. Selon une étude présentée ce mardi 23 novembre, un solde migratoire de 400.000 personnes par an est nécessaire d’ici à 2060 pour maintenir le nombre actuel des actifs. 

Sans aucune immigration, le nombre d’actifs en Allemagne passerait de 47 millions aujourd’hui à 31 millions dans quarante ans. Cette hypothèse irréaliste reflète néanmoins l’ampleur des défis pour l’économie allemande. Bien sûr, les entreprises peuvent réagir, développer l’utilisation de robots, leur productivité ou délocaliser des activités. Le travail des femmes et celui des plus âgés peuvent être augmentés. Mais ces mesures ne peuvent qu’atténuer à la marge une évolution profonde. 

Pour les chercheurs de l’institut IAB, rattaché à l’agence fédérale pour l’emploi, seule une immigration plus importante peut permettre de lutter contre les problèmes à venir. Si la moyenne des trente dernières années – un solde migratoire net de 200.000 personnes par an – devait perdurer, ce sont six millions de personnes qui manqueraient en 2060 sur le marché du travail par rapport à aujourd’hui. L’immigration annuelle devrait doubler à l’avenir, d’après Johannes Fuchs, un des auteurs de l’étude, conscient des limites de cette proposition. 

« Pas forcément réaliste »

« Au sein de l’Union européenne, les prévisions démographiques sont comparables aux nôtres, souligne Johannes Fuchs. Ce n’est pas de ces pays que la migration nécessaire viendra. L’Allemagne s’efforce déjà d’attirer des non-Européens. Nous aurions besoin de 400.000 personnes par an, mais cela n’est pas forcément réaliste et le nombre d’actifs va sans doute diminuer. »

Les chercheurs n’évoquent pas les conséquences politiques et sociétales d’une immigration sensiblement plus élevée. Le futur gouvernement veut moderniser le droit de la nationalité et développer l’immigration économique avec un système à points. 

RFI