Amazon Europe cité parmi les ” marchés notoires de la contrefaçon “

Dans ce document salué par l’AAFA (American Apparel & Footwear Association), l’autorité pointe du doigt une quarantaine de portails, dont Taobao, Snapdeal, ou encore les sites européens d’Amazon. La présence du géant américain dans cette liste a naturellement retenu l’attention, Outre-Atlantique. L’autorité commerciale explique que les détenteurs de copyrights doivent faire face à des hauts niveaux de biens contrefaits sur les déclinaisons britannique, allemande, espagnole, française et italienne d’Amazon.

La présence du géant américain dans cette liste a naturellement retenu l’attention, outre-Atlantique. L’autorité commerciale explique que les détenteurs de copyrights doivent faire face à des hauts niveaux de biens contrefaits sur les déclinaisons britannique, allemande, espagnole, française et italienne d’Amazon.

Est notamment pointé le fait qu’il est difficile pour le client de savoir à qui il achète le bien. Les ayants droits se plaignent en outre de l’insuffisance des blocages de vendeurs par Amazon, avec des procédures longues et complexes pour obtenir le retrait d’un produit. “Et ceci même pour ceux ayant rejoint les programmes de protection de marques d’Amazon”, souligne le rapport. 

“En outre, comme l’ampleur et la sophistication des contrefacteurs n’ont cessé de croître et d’évoluer au fil des ans, ces titulaires de droits indiquent qu’Amazon devrait engager les ressources nécessaires pour rendre les programmes de protection des marques évolutifs, transparents et, surtout, efficaces”, rapporte le document.”

Plus précisément, ils demandent qu’Amazon prenne des mesures supplémentaires pour répondre à leurs préoccupations, notamment en recueillant suffisamment d’informations auprès des vendeurs pour empêcher les contrefacteurs récidivistes de créer de multiples vitrines sur les plateformes, en rendant les informations détaillées sur le vendeur réel d’un produit évidentes pour les consommateurs et les titulaires de droits, en étant plus réactif aux plaintes des titulaires de droits concernant les contrefaçons, et en étant plus proactif dans la prévention des contrefaçons apparaissant sur la plateforme”.

Exposer les noms des sites vendant massivement des faux est une étape-clef pour obtenir leur réaction

Parmi les plateformes présentées comme notoirement connues pour les contrefaçons qu’elles proposent, la Chine est sans surprise bien représentée. Que ce soit par la plateforme DhGate, le réseau de social-shopping Pinduoduo, le sous-programme Weidian qui s’est développé dans l’application WeChat (Tencent), et bien sûr l’incontournable portail Taobao piloté par le groupe Alibaba. Groupe que les autorités américaines menacent depuis quelques semaines de placer sur la liste noire des portails soupçonnés d’appartenir ou d’être contrôlés par l’armée chinoise. 

Mais les États-Unis et la Chine ne sont pas les seuls pays représentés dans ce tour du monde des sites les plus notoirement pourvoyeurs de faux. On retrouve ainsi dans la liste le site indonésien leader Tokopedia, de même que le grand portail de vente indien Snapdeal ainsi que le singapourien Shopee. Le Moyen-Orient n’est pas oublié, avec la plateforme saoudienne Haraj, sans oublier l’Amérique latine, où le site Mercado Libre séduit un nombre croissant de pays. 

Le rapport a été salué par l’AAFA, qui y a pris part en faisant remonter aux autorités les plaintes et recommandations du millier de marques de mode et chaussures composant ses rangs. Pour l’organisation, exposer ainsi les noms des sites les plus engagés dans la vente de faux est devenu une étape-clef pour obtenir une action de leur part. L’Association salue par ailleurs le fait que ce rapport, qui d’ordinaire se limitait aux portails étrangers, n’hésite plus désormais à inclure des acteurs locaux. Mais l’AAFA pointe aussi qu’un rapport en lui-même ne saurait remplacer une évolution de la législation.

“Le 116e Congrès (qui prend fin avec l’administration Trump, ndlr) étudiait une législation qui aurait institué des exigences de bon sens pour assurer aux consommateurs la transparence sur les personnes auprès desquelles ils achètent”, indiquent les professionnels de l’habillement. “Il est temps de prendre les mesures nécessaires pour protéger les consommateurs américains et les entreprises américaines des nombreux méfaits des ventes de contrefaçon, et nous sommes impatients de travailler avec le 117e Congrès et la nouvelle administration Biden pour que ces nouvelles exigences soient promulguées le plus tôt possible”. 

La question est de savoir si, à la faveur d’un changement de majorité au Sénat américain, la nouvelle législature reprendra à son compte les discussions déjà engagées, ou préférera repartir sur de nouvelles bases. Se pose par ailleurs la question des futurs rapports entre la nouvelle présidence et les GAFA. La campagne républicaine avait régulièrement décrit Joe Biden comme étant “l’ami de la Big Tech”, là où Donald Trump en était l’un de ses antagonistes récurrents. Et en particulier Jeff Bezos, le dirigeant et fondateur d’Amazon.

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