Amiens (80) : Pour une famille angolaise, « c’est le retour au pays ou la rue »

«On nous a proposé l’aide au retour en nous expliquant que si on n’acceptait pas, on risquait d’être amenés au centre de préparation au retour de Péronne» témoigne Antonio Malunzi, un angolais toujours abasourdi par les propos de l’OFII (l’Office français de l’immigration et de l’intégration). “C’est très étonnant car nous avions rencontré un représentant de la préfète il y a quelques semaines et il semblait avoir compris que nous faisions tout pour nous intégrer“, ajoute ce père de trois enfants qui a fui l’Angola avec sa femme il y a 4 ans.

Si cette famille est encore choquée par l’annonce, le Réseau éducation sans frontières (RESF), qui tente de venir en aide aux déboutés du droit d’asile est, lui, scandalisé. ” Beaucoup d’entre nous pensent en effet qu’il s’agit là d’une nouvelle méthode de la préfecture pour mettre les familles dehors et récupérer ainsi des places dans les centres d’hébergement “, dénonce Didier Cottrelle, l’un des membres de l’association. Une mobilisation ce jeudi à 17 h 30 Car selon RESF, au moins trois familles amiénoises – notamment les Velija dont nous avons déjà parlé dans nos colonnes – ont reçu une visite similaire ces derniers jours. ” Et il est urgent d’agir car dans les courriers qui ont été donnés, il est indiqué que les familles ont 15 jours pour répondre. Or, l’une des lettres a été déposée le 29 juin.

Ces personnes risquent donc de se retrouver à la rue avec les enfants dans quelques jours “, ajoute le représentant de RESF, qui a déjà assisté à une mise à la porte la semaine dernière.

La famille Khudoyan-Khochoyan, qui a quatre enfants dont un bébé de deux ans, a été mise à la porte de son hôtel car il n’y avait plus de financement. Ils se retrouvent aujourd’hui à la rue. Heureusement, aujourd’hui, la famille est hébergée par des citoyens. ”

Pour tenter d’inverser le cours des choses et éviter une expulsion de toutes ces familles, RESF a décidé de mobiliser son réseau. Une manifestation est ainsi prévue ce jeudi 8 juillet. La marche partira à 17 h 30 de la place Dewailly vers la place Gambetta. Une délégation se rendra ensuite à la préfecture à 18 h 15, pour demander une audience auprès de la préfète. “Et elle sera accordée“, assure d’ores et déjà les services de l’Etat.

Courrier-picard