Amiens (80) : SOS Racisme lance un appel à témoignages pour des soupçons de discrimination en boîte de nuit envers Mahmat, un client tchadien

SOS Racisme lance un appel à témoignages, à Amiens ! Cela fait suite au signalement d’un jeune homme, qui assure avoir été refoulé de la boîte de nuit Le Moon, dans le quartier Saint-Leu, dans la nuit de samedi à dimanche. Il estime que c’est en raison de sa couleur de peau, ce que dément formellement la direction du club. 

“Il était vers 1 heure du matin, on était arrivés au Moon“, raconte Mahmat, 27 ans et originaire du Tchad, contacté par France Bleu Picardie. “Devant le portail, il y avait la responsable et le vigile. La dame nous a refusé l’entrée. On a demandé pour quel motif, on nous a dit “vous n’êtes pas accompagnés” alors que derrière nous, il y a des personnes européennes qui n’étaient pas accompagnées mais qui sont parvenues à accéder aux lieux, sachant que j’étais un habitué, je ne fais jamais de désordre, je m’habille très respectablement, je ne comprends pas.

Depuis son témoignage, SOS Racisme a reçu une dizaine de signalements. Mahmat a lui décidé de ne plus retourner au Moon. 

La boîte de nuit dément 

La gérante du Moon dément toute forme de discrimination ou de racisme. Elle assure avoir réhaussé le niveau d’exigence vestimentaire, après avoir toléré les shorts l’été. “Dans mon personnel, il y a des gens qui sont d’origine africaine, il y a des Maghrébins, il y a des métisses, et au niveau des clients, il y a un panel, il y a toute l’Europe, tous les pays, pour moi, c’est ridicule,” souligne Angélique, qui raconte avoir été la cible de menaces et d’insultes. 

“Ce n’est pas parce que je recale une personne à l’entrée qu’il faut crier tout de suite au racisme. Quelle que soit la couleur de peau, si la personne qui se présente devant ma porte d’établissement manque de respect, n’est pas habillée correctement, n’a pas un justificatif d’identité, elle ne rentrera pas. Il ne faut pas confondre sélection et discrimination.” Elle annonce son intention de déposer plainte, si les “messages malveillants” se poursuivent. 

Un testing dans différents lieux de la nuit

L’association SOS Racisme, de son côté, continue de recueillir les témoignages et en fonction, pourrait envisager de porter plainte, accompagnée par son avocat Maître Stéphane Diboundje. Elle prévoit également d’organiser un “testing” de différents établissements de nuit sur Amiens, à l’image de celui réalisé cet été sur des plages privées de Juan-les-pins, près de Nice. “Ce testing sera déjà dans un premier temps l’occasion de réaliser un baromètre”, explique Lucien Fontaine, président de SOS Racisme sur Amiens. 

Peut-être que dans le comportement des gens qui accueillent, il y a besoin d’une formation ou il y a besoin de revoir la culture, de comment ils voient les choses. C’est aussi avoir un débat, parce que tous les gens qui sont en train de témoigner en ce moment, ils ne le font pas juste par vengeance. On sent bien qu’il y a un sentiment de de ne pas être comme tout le monde, et cela il n’y a pas pire comme sentiment.” La direction du Moon se dit favorable à un tel test. Le délégué aux discriminations de la Préfecture de la Somme devrait également être saisi. 

France Bleu