Ancenis (44) : Après la colonie de vacances, une vraie maison, la nouvelle vie de Marwa et de sa famille afghane

Samedi 25 septembre 2021, les 88 migrants arrivés de Kaboul le 25 août à Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique) ont été transférés dans des logements provisoires pour demandeurs d’asile.

Marwa Hotak, 23 ans, arrivée en catastrophe d’Afghanistan il y a un mois dans une colonie de vacances à Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique), a emménagé mardi 21 septembre 2021 dans une maison d’un petit bourg du pays d’Ancenis, près de Nantes, avec ses parents et son frère Mustafa, 15 ans. Une pause salutaire depuis leur fuite de Kaboul provoquée par le retour au pouvoir des talibans.

Son père, Mohammad, supervisait le contrôle des visas à l’aéroport, sa mère, Marina, était manageur chez Ariana, la plus grosse compagnie aérienne du pays. Marwa étudiait l’économie à la fac, en 3e année. « Je ne pouvais plus continuer l’université, mon père travaillait pour le gouvernement et ma mère a dû quitter son travail ​ : la famille était en danger. Aujourd’hui, elle est « sauvée » mais appréhende un peu la vie dans une petite commune inconnue, elle qui bénéficiait d’un grand appartement en plein centre ​de la capitale de 4,5 millions d’habitants…

Un logement pour trois ou six mois…

Les 2.600 Afghans arrivés comme la famille Hotak sont désormais demandeurs d’asile et placés dans des centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) ou dans des hébergements d’urgence. À Piriac, les 88 réfugiés (dont dix enfants) ont rempli avec les travailleurs sociaux de France Horizon un dossier de demande d’asile. ​Dans le contexte du retour au pouvoir des talibans, 100 % des demandes sont acceptées​, confirme la directrice régionale de France Horizon, Conception Mousseau-Fernandez.

Puis l’Office français de l’immigration et de l’intégration (l’Ofii) a recherché pour chacun un toit : quelques-uns sont partis en Allemagne et en Finlande rejoindre leur famille. Les autres sont hébergés dans l’Hexagone pour trois ou six mois, le temps d’obtenir le statut de réfugié, sésame pour les droits sociaux et l’emploi. Après quoi, les réfugiés emménageront en autonomie dans un logement pérenne et pourront, enfin, vraiment s’installer.

Priorité de la famille Hotak : apprendre le français. Les parents suivront des cours. Mustafa devrait intégrer un collège et « en plus, trois à six heures hebdo de cours de français pour allophones », souligne Emmanuel Nicoleau, directeur du Cada de Nantes. Marwa, déjà polyglotte, se rêve entrepreneure. Après mes études, je veux créer une marque de vêtements.