Angers : un squat identitaire devant la justice

Temps de lecture : 2 minutes

Le propriétaire du bâtiment est une société publique, qui a saisi le juge en référé afin de lancer une procédure d’expulsion rapide.

Le Figaro.

Les militants identitaires de l’Alvarium, la «ruche» en latin, vont-ils devoir essaimer ? Un immeuble de la rue Thiers, à Angers, s’apprête à faire l’objet d’une décision de justice pour occupation illégale, mercredi 16 septembre. Le mouvement affirme y organiser des actions sociales depuis deux ans mais aurait été identifié il y a quelques jours seulement par la société publique de gestion propriétaire des lieux, Alter Cités, après une visite d’huissier.

C’est la nature des murs et leur propriétaire public qui permet ce rendez-vous judiciaire rapide, notamment en comparaison de l‘affaire récente de Théoule-sur-Mer. L’avocat d’Alter cités, Me Pierre Brossard, avait en effet déclaré vendredi dernier que le juge avait été saisi en référé d’heure à heure, permettant d’obtenir une décision quasiment immédiate. Interrogée par Le Figaro, la mairie a indiqué qu’elle ne souhaitait pas communiquer davantage sur ce type d’affaire.

«Rien à voir avec un squat», selon le mouvement l’Alvarium

Dans l’immédiat, le bâtiment est encore occupé par le mouvement. Des affiches pendant aux fenêtres : «La France aux Français», «Révolte contre le monde moderne», «Étudiante violée à Angers : expulsons ce Kosovar»… Le dernier slogan fait référence à une affaire récente, dans laquelle une étudiante de 20 ans avait été violée. Le suspect, récidiviste et condamné à de multiples reprises, fait l’objet de deux mesures d’interdiction du territoire qui n’ont pas été appliquées.

Contacté par Le Figaro, Jean-Eudes Gannat, porte-parole de l’Alvarium et candidat aux prochaines élections partielles dans le Maine-et-Loire, réfute le terme de «squat». «Ce n’en est pas un, cela renvoie aux pratiques de l’extrême gauche, avec des immeubles systématiquement dégradés. Nous parlons ici d’une occupation : nos militants ont réalisé bénévolement des travaux dans le bâtiment, qui héberge plusieurs personnes dans le besoin». Le militant compare son appropriation avec celles des associations d’extrême gauche, «vite détruites et qui deviennent des lieux de vente de drogue».

«Nous avons également pu organiser des activités sociales comme le Noël des malchanceux, ou héberger des gens de passage» poursuit l’association dans un communiqué, ajoutant que les activités se sont tenues «discrètement», le passage de l’huissier ayant ensuite entraîné la médiatisation du lieu. L’Alvarium justifie également son action par le besoin d’alerter sur le devenir immobilier d’Angers, refusant le «double mouvement inquiétant de gentrification et d’africanisation de notre ville».

Tensions entre militants antifas et identitaires

L’incident s’inscrit également dans un contexte militant de plus en plus tendu. Depuis quelques mois et selon plusieurs observateurs locaux, le ton monte entre militants des deux bords de l’échiquier politique. En réponse aux actions lancées par l’Alvarium, le Réseau angevin antifasciste (Raaf) a ainsi manifesté samedi dernier 12 septembre, entendant dénoncer «la nocivité du mouvement de l’Alvarium et leurs multiples tentatives de faire entendre leurs idées aussi puantes que rétrogrades», ainsi que le rapporte Ouest-France . Environ 200 personnes, selon plusieurs médias locaux, ont ainsi protesté contre «la surenchère nationaliste et xénophobe» du mouvement. Si aucun heurt n’a émaillé le parcours, les forces de l’ordre ont également été la cible des critiques, accusées de «protéger» l’adversaire.

3 Commentaires

  1. Bien évidement, on met en route une “procédure d’expulsion rapide” quand il s’agit de GI. Pas de procédure qui dure 25 ans où le squatteur est autorisé à resté aux frais du propriétaire.

    C’est bôôôôô!

    Mais pourquoi on utilise pas cette procédure dans TOUS les cas de squat?

Les commentaires sont fermés.