Anglophobie : Pourquoi la classe moyenne française n’aime pas la Grande-Bretagne ?

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“Rosbifs” contre “Froggies”, la rivalité entre Britanniques et Français n’est pas récente. Pourtant, un sentiment anti-British semble grandir porté par une frange de la population française.

On connaissait le “French bashing”, souvent l’œuvre des Américains prompts à critiquer la France, la supposée fainéantise de ses travailleurs et la couardise de son armée. Mais l’éditorialiste de l’hebdomadaire britannique conservateur The Spectator déplore désormais une anglophobie galopante, initiée cette fois par les Français eux-mêmes.

Les francophiles britanniques, dont je suis, ne tardent pas à découvrir que notre relation avec la belle France est marquée, n’ayons pas peur des mots, par un profond courant d’anglophobie.

Cette animosité ne se manifesterait pas ouvertement mais de façon plus insidieuse, par des “micro-agressions”. Il s’agirait d’entreprises de sape, de dédain chronique et parfois d’une volontaire ignorance des réussites des “Rosbifs”.

Ainsi, “les médias, notamment ceux de gauche comme Le Monde, s’étendent avec délices sur les mauvaises nouvelles venues de Grande-Bretagne, mais minimisent nos succès, que ce soit dans l’économie, les arts, le théâtre, le cinéma, l’architecture, le design ou le sport”.

Les Français sont très enclins à dévaloriser les universités anglaises, bien que celles-ci soient classées parmi les meilleures du monde.

L’œuvre de la gauche française… et britannique

“Comment expliquer cette anglophobie tenace, quoique légère, d’une bonne partie des classes moyennes françaises, par opposition à la francophilie fervente des classes moyennes britanniques ?” interroge l’hebdomadaire. Une longue histoire de rivalités et de guerres serait à l’origine de cette rancune. Plus récemment, le Brexit suscite une certaine “irritation” chez les Français.

Cette anglophobie est essentiellement l’œuvre de la gauche, très encline à conspuer les intellectuels et le modèle britanniques. “La gauche, tant française que britannique, n’aime pas beaucoup la Grande-Bretagne, et en particulier l’Angleterre”. Une fois de plus, une part de l’explication se trouverait dans l’histoire.

En France, la gauche a l’impression d’avoir – ou du moins d’avoir eu – une prise sur l’histoire du pays. La Révolution ou encore le jacobinisme ont participé à forger l’État français.À l’inverse, l’histoire de la couronne britannique se caractérise par sa continuité et le rôle clé des puissants que sont les “monarques”, les “aristocrates” et “les hommes en uniforme”.

Les francophiles britanniques, dont je suis, ne tardent pas à découvrir que notre relation avec la belle France est marquée, n’ayons pas peur des mots, par un profond courant d’anglophobie.

”Si la perfide Albion se porte mal, cela les rassure quant au fait qu’ils vont encore dans le sens de l’histoire. Mais si cette vieille monarchie, désormais en dehors de l’UE, semble bien se porter, ça les dérange* ! Donc, au besoin,ils refusent de voir ce qui va.

*En français dans le texte.

The Spectator

9 Commentaires

  1. Parce que ces putains de Rosbifs ont brulés Jeanne d’Arc.
    Et qu’ils roulent du mauvais coté de la route en buvant des bières tièdes.

  2. Parce que la classe moyenne française n’a pas les moyens d’aller se faire un peu de bien dans les grandes enseignes à Savile Row, par exemple.

    @John Doe, un commentaire? ^^

  3. Pour avoir travaillé un peu avec des britanniques, je reconnais, qu’ils ont un côté pragmatique intéressant. Attention cependant, dès qu’ils peuvent vous passer devant, ils n’ont pas d’état d’âme. Autre remarque, ils semblent moins agressifs et plus simples dans leurs rapports que les français. Conclusion, rester sur ses gardes, ne pas les prendre pour des cons et tenir son bout.

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