Annecy (74) : Il tente de déloger une famille de dix Rroms squattant la maison de ses parents décédés et se retrouve en garde à vue

Un propriétaire a tenté de déloger des squatteurs rroms installés dans la maison d’Annecy (Haute-Savoie) de ses parents décédés, sans succès.

Un vrai cauchemar qui s’est répété trois fois en cinq ans. À Annecy en Haute-Savoie, cet homme qui avait déjà vu la maison de ses parents décédés occupée par des squatteurs à deux reprises a été prévenu par ses voisins qu’une famille avait élu domicile dans l’habitation.

Excédé par la situation, le propriétaire des lieux a tenté de les expulser à l’aide d’un ami. La semaine dernière, il avait appelé les gendarmes et avait tenté de les déloger, comme il l’avait fait les deux fois précédentes. Les squatteurs avaient, en effet, quitté les lieux. Mais cette fois, la famille de dix personnes (sept enfants et trois adultes) a refusé de partir, malgré la présence de la gendarmerie.

Le propriétaire est alors revenu deux jours plus tard pour tenter de monter un mur de parpaings qui condamnerait l’entrée, en vue de contraindre la famille à quitter la maison. Mais cela n’a pas fonctionné, souligne l’hebdomadaire régional. Le Savoyard a alors utilisé une bombe lacrymogène. Les gendarmes seraient intervenus et auraient placé le propriétaire en garde à vue.

La procédure à suivre en cas de logement squatté

Cette fois, les occupants ne sont pas décidés à partir, malgré la présence des gendarmes, intervenus une première fois sur les lieux le mercredi 13 avril, avec le PSIG, le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie. « Ils ont commencé à vider les affaires. Après, il y a eu un appel, et un gendarme a dit : on n’expulse pas, il y a des enfants ».

Une maison devenue squat

À l’intérieur, la maison est presque vide. Au rez-de-chaussée, la plupart des meubles ont disparu. Des matelas sont entreposés dans le salon, faisant office de chambre. Au sous-sol, l’une des pièces s’apparente à une déchetterie, avec plus d’un mètre de détritus entassés.

Considérant cette situation sans issue, le propriétaire décide de déloger cette famille de Roms par ses propres moyens. « Je suis censé engager une procédure pour les faire expulser. Mais vous connaissez la lenteur de la justice, ça va prendre des mois et la maison est déjà dans un sale état », relève-t-il.

Vendredi 15 avril, il se rend sur place, accompagné d’un ami. Muni d’une brouette remplie de parpaings puis de ciment, il veut condamner l’entrée en érigeant un mur afin d’obliger les occupants à sortir. Mais malgré la progression du mur, aucun d’eux n’a bougé. « Je pensais que ça les ferait sortir, mais visiblement ça ne les dérange pas », déplore le propriétaire.

Armé d’une bombe lacrymogène

Leur réclamant une nouvelle fois de sortir, ce dernier finit par perdre patience. Armé d’une bombe lacrymogène, il en fait usage dans la cuisine, où se trouvait la famille avec les enfants, en tirant vers le sol. Mais le geste déplaît fortement à l’un des Roms, probablement le père, qui hausse le ton. « Vous croyez que ça me fait plaisir d’en arriver là ? », lui rétorque l’habitant.

Intervenus sur les lieux, les gendarmes ont interrogé le propriétaire de la maison, placé en garde à vue, et la famille de Roms. Une enquête a été ouverte. Que faire si ma propriété est squattée ?

1) Porter plainte. Si votre maison est inhabitée et qu’elle est occupée par des squatteurs, il faut avant tout porter plainte pour violation de domicile au commissariat de police ou à la gendarmerie.

2) Engager une procédure judiciaire. Vous pouvez faire appel à un juissier de justice. Celui-ci va se déplacer sur le lieu du domicile pour constater l’occupation illégale et notifier un commandement de quitter les lieux.

Une fois les occupants notifiés, ils ont 48 heures pour partir. S’ils ne le font pas, l’huissier peut demander à la préfecture un octroi de la force publique.

Si la préfecture donne son feu vert, les forces de l’ordre sont mobilisées pour déloger les occupants.

3) Saisir un juge en cas de refus du préfet. Si la préfecture ne donne pas son accord pour l’expulsion avec le concours de la police, vous avez la possibilité de saisir le juge des référés du tribunal administratif compétent.

4) Ne pas agir vous-même. Vous pourriez être accusé de violation de domicile. Le propriétaire en infraction risque jusqu’à 3 ans de prison et 30 000 euros d’amende.

L’Essor Savoyard