Annuaire de soignants de couleur : le monde médical divisé

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L’apparition d’une liste de médecins et de personnel de santé noirs a mis le monde médical en émoi. « Folie identitaire », peste la Licra, alors que d’autres prônent la liberté de choisir.

Par Le Parisien.

Discrimination ou non ? La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) s’était offusquée de l’existence d’une liste de gynécologues noirs en Île-de-France et d’une petite annonce d’une patiente, qui cherchait une infirmière à domicile noire à Paris. « Folie identitaire », avance la Licra si chacun choisit son médecin en fonction de sa couleur de peau.

Ce petit annuaire avait été mis en ligne par @LEGLOBULENOIR. Si ce compte n’existe plus, il a ouvert un débat complexe.

L’Ordre des médecins a également réagi vigoureusement, conformément aux principes républicains. Il « est tout à fait opposé à la tenue d’annuaire de professionnels de santé communautaires, parce que cela contrevient à la non-discrimination édicté dans l’article 7 de son code de déontologie, aux valeurs fondamentales de l’humanisme médical et au socle d’une République et de ses valeur laïques », explique son vice-président Jean-Marcel Mourgues. « S’il y a discriminations, il faut les signaler et, le cas échéant, que ces médecins soient sanctionnés. »

Un avis que le syndicat des jeunes médecins généralistes préfère nuancer : « Ce qui pose problème c’est qu’il y a des patients et des patientes qui se sentent discriminés en santé et que ce problème n’est pas réglé par les institutions qui devraient le régler. Toutes les initiatives extérieures qui visent à y répondre, on les défend parce qu’au moins elles proposent d’avancer sur le problème du racisme en santé », explique son président Benoît Blaes, à France Info.

La liberté de choisir

Une patiente noire préfère choisir. Elle fait part d’un problème parmi d’autres qui la pousse à préférer un praticien d’origine subsaharienne : « Au moment des opérations chirurgicales, nous ne supportions absolument pas le fil pour recoudre. […] Il y a un chirurgien en particulier qui m’a confirmé que les peaux noires étaient très très très difficiles pour la cicatrisation », explique Audrey à France Info.

La question de la proximité avec son médecin ou sa gynécologue importe aussi, avec parfois une langue commune partagée, comme le prône en psychiatrie le thérapeute et romancier Tobie Nathan.

Tout comme il existe un réseau des médecins et professionnels de santé gay-friendly LGBT. C’est plus facile avec eux « d’être en capacité de s’exprimer sans crainte, sans appréhension, sans gêne et sans retenue. C’est la raison pour laquelle nous avons créé ce réseau », explique le site.

Le cabinet du ministre de la Santé, Olivier Véran, contacté par France Info, se dit choqué par l’établissement de ces listes et compte sur l’Ordre des médecins pour faire respecter les règles de déontologie de la profession.

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