Antivax, candidat à la présidentielle, créateur d’une monnaie… qui est cet ex-gendarme interpellé dans le Var ?

Alexandre Juving-Brunet à Toulon (Var) en juillet 2021, lors d’une manifestation contre le pass sanitaire. (Serge Tenani /Hans Lucas. AFP)

Alexandre Juving-Brunet est bien connu du milieu complotiste. Après de vaines tentatives de candidature à la présidentielle et aux législatives, cet ancien gendarme a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée le mercredi 25 novembre. Qui est-il et quels sont les faits qui lui sont reprochés ? 

Alexandre Juving-Brunet a été interpellé le 25 novembre et placé en détention à la prison de La Farlède à Toulon, dans le Var. Les faits qui lui sont reprochés, de l’escroquerie en bande organisée, remontent à cet été, quand il a créé une monnaie alternative pour “sauver la France”. Il nie toute tentative d’escroquerie, révèle France Bleu

Une monnaie pour “sauver la France”

Il avait créé le Franc Libre pour se protéger d’un effondrement de la monnaie qu’il trouvait inéluctable et l’effrayait. La base de change était simple : un Franc Libre égalait à un euro. Le site dédié à cette devise indique avoir enregistré plus de 4 000 souscriptions, rassemblant l’équivalent de plus de 1,3 million d’euros. 

Alexandre Juving-Brunet avait déjà été mis en garde par la Banque de France qui pointait une infraction au code monétaire et financier pour ces billets de 1000 Francs Libres à l’effigie de Clovis et ces coupures de 100 euros affublés de la représentation de Napoléon. Il avait annoncé son lancement sur ses réseaux sociaux et crée un site dédié. 

Si aucun souscripteur ne s’est plaint des agissements de cet ex-candidat aux législatives du Var, les enquêteurs ont trouvé que des médecins, des coiffeurs ou encore des électriciens avaient ouvert un compte contenant cette nouvelle devise. 

Suivi par plus de 60 000 personnes sur YouTube, l’homme de 40 ans nie toute tentative d’escroquerie. Il n’a reçu aucun agrément pour émettre une monnaie numérique et encore moins pour battre la monnaie qu’il décrit comme celle “de la résilience et de la résistance”. France Bleu rapporte que l’homme a expliqué aux autorités avoir eu besoin de cet argent pour développer sa monnaie et élargir son réseau de commerçants acceptant le Franc Libre. 

Un parcours atypique

Il y a encore quelques années, Alexandre Juving-Brunet était capitaine de gendarmerie. Sur son site dédié à sa candidature aux législatives dans le Var au printemps dernier, il se décrit à la fois comme un officier, un entrepreneur et un citoyen engagé. Ancien étudiant de l’Essec, il a été récompensé par le 2ème prix de l’Innovation à Luxembourg, pour son brevet sur des écrans olfactifs. 

Il indique avoir démissionné de son ancien poste à la gendarmerie après avoir “subi les dérives de notre contrat social de sécurité dévoyé et ne servant plus les Citoyens français”. Il avait auparavant, travaillé en tant qu’officier de renseignement militaire. 

Il explique que son engagement citoyen lui vient d’un constat : il aurait observé la “mise en place progressive d’une tyrannie sanitaire prélude au basculement dans un totalitarisme technologique et financier”. C’est par cette alerte qu’il désirait lancer qu’il a justifié sa candidature aux dernières élections présidentielles.

Très suivi et surtout écouté, son discours remet en question de nombreux principes, marginalisant parfois ses propos auxquels il a pu être reproché de s’égarer au point de parler de fausses informationsFigure bien connue du complotisme, il s’était notamment insurgé contre la mise en place du passe sanitaire l’an passé et avait déclaré au Courrier Picard que “le vaccin est un poison”. 

En détention depuis le 25 novembre

L’ex-gendarme a fait appel de son placement en détention provisoire, c’est désormais à la cour d’Appel d’Aix-en-Provence de se prononcer. Écroué au centre pénitentiaire de La Farlède à Toulon dans le Var, l’enquête a été ouverte pour escroquerie en bande organisée, pour n’avoir ni demandé d’agrément pour sa monnaie, ni respecté les codes relatifs à la gestion d’une devise de la banque de France. 

MIDI LIBRE