Après 3 ans à la tête de la Dilcrah, le préfet Frédéric Potier “blanc, athée et hétérosexuel” quitte ses fonctions

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Le préfet en charge, notamment, de la lutte contre la haine anti-LGBT quitte ses fonctions. Il devrait rejoindre la direction d’un grand groupe public après trois années à diriger la Dilcrah.

Il est l’artisan des politiques contre la haine anti-LGBT+, le racisme et l’antisémitisme. Après trois ans à la tête de la Dilcrah, Frédéric Potier est sur le point de quitter ses fonctions. Le préfet devrait rejoindre la direction d’un grand groupe public. Ce changement de poste doit être officialisé dans les semaines à venir.

Nommé par François Hollande en mai 2017, Frédéric Potier a été maintenu à son poste par Emmanuel Macron. Mi-octobre, il a notamment présenté, aux côtés d’Élisabeth Moreno, un plan  de lutte contre les LGBTphobies sur trois ans. Ancien conseiller de Claude Bartolone, de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve, Frédéric Potier incarne l’État sur les sujets de discrimination. Il dit avoir “un ADN de gauche“.

Coureur, le préfet avait participé aux Gay Games de 2018. Universaliste, cet énarque réfute la notion de “racisme d’État“. Quelques mois avant sa nomination, en juillet 2016, la lutte contre l’homophobie est ajoutée à la mission de l’institution. Le “H”, pour “haine anti-LGBT” est ajouté au nom de la Dilcrah, après l’attentat contre la discothèque gay d’Orlando en Floride.

“Pourquoi moi, jeune haut fonctionnaire, blanc, athée et hétérosexuel ?” à la tête de la Dilcrah, interroge-t-il, dans son livre La Matrice de la haine. Modéré, fonctionnaire loyal et peu clivant, le profil “collait bien avec mon caractère et ma gueule de gendre idéal“, écrit-il.

Début décembre, la France est remontée en quatrième position du classement de l’Ilga-Europe, parmi 49 pays européens. Dans la vague précédente, elle avait été reléguée à la 13ème place. Le préfet s’était félicité auprès de TÊTU. “Tous les pays n’ont pas pris des mesures d’aides aux personnes LGBT+ lors des confinements. Le fait que des États s’impliquent est important“, jugeait-il avant de se féliciter d’une augmentation (progressive) des subventions accordées aux associations. Et bien-sûr, de la présentation du plan gouvernemental contre les LGBTphobies.

C’est le deuxième départ en quelques mois. Fin novembre, le conseiller dédié aux sujets LGBT+ Grégory Prémon a quitté le ministère de l’Égalité à peine trois mois après avoir pris son poste. Il a été remplacé par Christelle Foucault, ancienne présidente de la FSGL, la Fédération Sportive Gaie et Lesbienne. Contrairement à son prédécesseur, Christelle Foucault ne vient pas de l’administration mais du monde de l’entreprise. Au-delà de son engagement militant, elle travaillait dans une grande banque comme responsable de projets.

Le Nouvel Obs