Après Netflix, Tinder ou Facebook, Disney s’ouvre à son tour davantage à la diversité sexuelle

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Les genres se multiplient et les identités se complexifient. Pour le sociologue Sébastien Chauvin, il s’agit clairement d’une avancée, même justifiée par le profit.

Dans un clip de promotion pour la réouverture de Disneyland Paris le 15 juillet dernier, ce n’est pas une princesse qui interprète la célèbre chanson “Un jour mon Prince viendra“, mais un homme. En France toujours, Tinder propose de choisir entre neuf orientations sexuelles différentes. Facebook, lui, offre même des dizaines d’identités possibles.

La magie, c’est vous ! ✨ #NoMagicWithoutYou pic.twitter.com/TIAAbSbHuq— Disneyland Paris (@DisneylandParis) June 27, 2020

Une réponse à d’autres acteurs des médias

Le pas franchi par Disney est une avancée, estime le sociologue Sébastien Chauvin, directeur du Centre en études genres à l’Université de Lausanne (Unil), vendredi dans La Matinale. “Même si c’est pour faire du profit“, rajoute-t-il immédiatement. “C’est aussi une réponse à d’autres acteurs des médias, notamment Netflix, qui donnent une plus grande place à la diversité sexuelle et de genre. La nouvelle, c’est que ça marche et que c’est ça qui fait faire du profit“.

Le sociologue met tout de même un bémol à cette avancée: “On pourrait répondre que ce n’est pas complètement un progrès de simplement remplacer une fille par un garçon dans la place de récepteur passif de l’initiative masculine. Du point de vue féministe, on pourrait réclamer de changer l’histoire. Quand même, malgré tout, c’est à la fois subversif et conservateur, mais c’est une bonne nouvelle”.

L’inéluctable multiplication des identités

Face à ceux qui pourraient craindre une génération genrée ou programmée d’une autre manière, Sébastien Chauvin répond qu’on ne peut jamais sortir de normes, mais on peut les changer: “Et en l’occurrence, la banalisation de ces identités, la déstigmatisation, loin de simplement réduire tout à un seul modèle, pour moi cela va plutôt multiplier les types d’identités, la diversité associée à des identités données“.

Il y a une vingtaine d’années, rappelle ce spécialiste, “on voyait des séries dans lesquelles il y a avait des personnages relativement stéréotypés, il y avait une seule représentation possible des identités. Là, avec la déstigmatisation, la banalisation, on a une diversification de représentations associée à certaines identités“.

Ou va-t-on s’arrêter?

Après la dualité hétérosexuels-homosexuels, les genres se sont multipliés. On a parlé ensuite de communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et on parle désormais des LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers, intersexes et asexuels).

Cela semble très compliqué, voire exagéré pour certains. Mais “cela correspond à plein d’identités liées à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre, au rapport entre le corps et le genre, entre les intersexes qui ont des conformations de sexe qui n’entrent pas dans le binarisme de genre, ou des personnes qui vont se dire queers et qui vont rejeter les catégories trop figées comme lesbiennes ou gays, des personnes qui vont se dire ‘questionning’, qui se posent des questions, qui ne veulent pas encore s’identifier”, explicite le directeur du Centre en études genres à l’Unil.

Évidemment, cela rajoute beaucoup de catégories, cela pose même des questions de frontières entre les différentes catégories“, reconnaît-il. “Mais ça ouvre aussi la palette d’identifications possibles“. Et si on lui parle de phénomène de mode, Sébastien Chauvin rétorque que “ce n’est ni aux études genre, ni aux sociologues, ni même aux journalistes, de dire aux gens comment ils doivent s’identifier“.

Les années à venir nous donneront la réponse

Il imagine cependant qu’avec l’élargissement de la palette des identifications offertes notamment aux nouvelles générations, cette diversification va un peu changer aussi le rapport à l’identité. “Quand on a 80-90 identités possibles comme sur Facebook, évidemment, peut-être que le sens du verbe ‘être’ change un petit peu“, souligne-t-il. “On s’identifie aussi de manière plus consciente. Ce sont les années à venir qui nous donneront la réponse“.

RTS

7 Commentaires

  1. Hergé était visionnaire quand il a refusé que Tintin soit continué sans lui.

    Parce que ça fait mal de voir le nom de Walt, traîne a ce point dans la boue lui qui incarnait tout ce qu’il y a de respectable en Amérique

    Il faut considérer que son oeuvre se termine avec le livre de la jungle, sorti après sa mort mais sur lequel il a eu encore de l’influence, et qui a passé le message a de nombreux enfants de se méfier des singes qui parlent.

    Je suis le roi de la danse,
    La jungle est mes pieds
    De la puissance, je suis au plus haut
    Et pourtant je dois vous envier
    Je voudrais devenir un homme
    Ce serait merveilleux
    Vivre pareil aux autres hommes loin des singes ennuyeux

    Je voudrais marcher comme vous
    Et parler comme vous
    Faire comme vous, tout

    https://www.youtube.com/watch?v=1oVJELvWf2I

  2. Bientôt sur vos écrans : Pinochcul.
    C’est l’histoire de Rocco Bendite, menuisier, qui lassé de se taper un tronc d’arbre rêve de le voir se transformer en jeune garçon.

    On connais déjà le titre du prochain : Mary Poppers.

  3. Et ben… Les scénaristes vont gueuler…

    Alors c’est l’histoire d’un tabouret trans amoureux d’un balai hypocondriaque qui décide de fuir la poussière fasciste pour s’installer sur un carrelage immaculé.
    Très vite le balai se rend compte que le carrelage propre est de toute évidence raciste.

    Comment sauver la situation ? Heureusement la serpillière non binaire est là pour alerter sur le danger des coins carrés et des angles arrondis.

    Alors que la situation semble apaisée, un nouveau danger menace : Et si l’éponge était jalouse ?

    Tant de suspens !

  4. “…Les genres se multiplient et les identités se complexifient. Pour le sociologue Sébastien Chauvin, il s’agit clairement d’une avancée…”

    Cette phrase résume à elle seule la schizophrénie dans laquelle est plongée l’occident par une minorité d’illuminés, laissés en libre circulation parce qu’ils servent les intérêts pseudo mercantiles des multinationales, mais surtout parce qu’ils contribuent activement à l’agenda…
    Sérieusement, comment peuvent-ils faire gober au gogo que la mise en avant de ces folles dans les médias est une avancée et en parallèle inonder l’Europe d’illuminés pour lesquels, la seule mise en scène valable pour ces inversés du bocal est le saut de l’ange, tête la première du haut d’un immeuble. Plus le temps passe, plus les choses se précisent et plus il est clair que l’objectif réel est une conflagration de tous contre tous.

    https://uploads.disquscdn.com/images/0667330149eee3dc0a713d08ca9237cd075cf62c2e7ffb707d3e4dc011e0f5ee.jpg

  5. Pour ne pas multiplier les lettres, un générique: les tarés.
    C’était leur appellation historique d’ailleurs.

  6. Ou va-t-on s’arrêter?

    Après la dualité hétérosexuels-homosexuels, les genres se sont multipliés. On a parlé ensuite de communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et on parle désormais des LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers, intersexes et asexuels).

    Je ne sais pas moi, “La Belle au groin dormant” ?

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