Après sa dissolution, le collectif contre l’islamophobie attaque Valérie Pécresse en diffamation suite à un tract de campagne électorale

Le collectif contre l’islamophobie, par la voix de son « liquidateur », annonce vouloir déposer plainte en diffamation contre la présidente de la région Ile-de-France. Des tracts de la campagne des régionales sont visés.

Le CCIF est dissous mais il continue de faire entendre sa voix en France. Dans un communiqué de presse publié sur les réseaux sociaux, le Collectif contre l’islamophobie fait part de son intention de déposer plainte en diffamation à l’encontre de la présidente réélue de la région Ile-de-France Valérie Pécresse. Ce communiqué est signé par le « liquidateur du CCIF ». Cette plainte « fait suite à des propos gravement diffamatoires diffusés dans les tracts de son équipe de campagne, entre les deux tours des élections régionales en Île-de-France », peut-on encore lire.

Le CCIF viserait tout particulièrement un tract de campagne dans lequel il aurait été écrit que le CCIF a été dissous « pour avoir partagé des appels à la haine contre Samuel Paty ». Pour le CCIF, Valérie Pécresse aurait ainsi repris une « fake news » du ministre de l’Intérieur. Le 19 octobre dernier, sur les ondes d’Europe 1, Gérald Darmanin avait justifié la volonté de l’exécutif de dissoudre le collectif par le fait que ce dernier a été a été « manifestement impliqué » selon lui dans la succession d’événements qui ont conduit à l’assassinat de Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines. Il avait par ailleurs accusé le collectif d’être une « officine islamiste contre la République ». Contacté, l’entourage de la présidente de région Valérie Pécresse nous indiquait ne pas avoir eu connaissance de cette communication ni du dépôt d’une plainte au moment où nous l’avions sollicité.

La com’ du CCIF relayée par le CCIE

Le communiqué de presse du CCIF a été diffusé ce mercredi sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire du « CCIE », ou « Collectif contre l’islamophobie en Europe ». Les documents constitutifs de l’association Agir défendre contre le racisme et l’islamophobie-CCIE avaient été déposés en Belgique en novembre 2020 par deux ressortissants français, faisaient savoir en février nos confrères du Monde. Soit quelques jours à peine après que le CCIF a décidé de s’auto-dissoudre, le 29 octobre 2020. Le gouvernement avait tout de même pris soin de publier le 2 décembre un décret actant la dissolution du collectif, accusé d’accréditer « un soupçon permanent de persécution religieuse de nature à attiser la haine, la violence ou la discrimination »

Le 9 février dernier, le CCIF faisait savoir sur Facebook qu’il se trouvait en cours de liquidation et qu’il transférerait ses actifs à « d’autres associations, dont le CCIE ». Sur le terrain juridique, le CCIF continue de contester la dissolution décidée par l’exécutif. Le 31 janvier dernier, le collectif a déposé un recours pour excès de pouvoir au Conseil d’État, pour demander l’annulation du décret pris en ce sens au Conseil des ministres. 1222 membres de l’association avaient intenté le même recours. Ils estiment que la dissolution actée par le ministre de l’Intérieur découle d’une « motivation politique ». Le recours est toujours en cours d’instruction.

Le Parisien