Arles: un mur en construction devant une école pour protéger les enfants des fusillades

La Ville construit un mur devant une école du quartier prioritaire de Griffeuille, où un adolescent a perdu la vie lors d’une fusillade au mois de juin dernier.

Un mur de 2,40 mètres de haut pour assurer la sécurité des élèves. Devant l’école élémentaire Jules-Valles, dans le quartier Griffeuille à Arles, il remplacera désormais le traditionnel portail en fer forgé. Un peu plus de deux semaines après la mort dans une fusillade de Marwane, un adolescent de 15 ans, la Ville fait actuellement ériger cette construction pour protéger les enfants d’éventuels tirs d’armes à feu.

“La proximité du trafic, qui a lieu malheureusement très près de cette école, fait que le fait de faire ce mur sert à la préserver et dire que ce qu’il se passe dans cette école, reste dans cette école”, justifie Mandy Graillon, adjointe à la mairie d’Arles en charge de la sécurité.

“Un lieu préservé”

La construction d’un mur devant cet établissement scolaire émane non seulement de sa direction mais également du rectorat d’Aix-Marseille, ainsi que de la municipalité d’Arles.

“L’école doit être un lieu préservé de ce qu’il se passe à l’extérieur et n’importe qui ne doit pas pouvoir passer, alpaguer les enfants, parler aux enfants”, souligne l’élue. Cette dernière évoque par ailleurs des faits qui se seraient produits dans le quartier du Trébon il y a quelques mois, où un individu alors poursuivi par la police se serait introduit dans une cour d’école.

Si la mesure divise les riverains, notamment sur les réseaux sociaux, Mandy Graillon est persuadée de son efficacité et soutient la mesure avec ténacité: “pour moi, ce sont plutôt des travaux qui auraient dû être faits il y a longtemps, parce qu’on connaît le contexte de ces quartiers, et qu’une cour d’école, ça doit être préservé. Aujourd’hui c’est aussi le but de ce mur, que n’importe qui, quand il y a des problèmes dans le quartier ne puisse pas juste enjamber un grillage et rentrer dans la cour”.

Un quartier gangréné par le trafic de drogue

Au mois de juin dernier, le jeune Marwane est mort après avoir été touché par des tirs provenant d’un véhicule en marche, alors qu’il se promenait dans son quartier de Griffeuille. Si les conclusions de l’enquête ne sont pour le moment pas encore connues, la piste du règlement de comptes est celle privilégiée par les autorités.

Le hall du bâtiment touché par les tirs est un point de deal connu du quartier, indiquait alors une source policière. La semaine précédant la mort de l’adolescent, une fusillade avait éclaté dans ce même quartier.

Le maire (Horizons) d’Arles, Patrick de Carolis, avait alors décrété trois jours de deuil municipal et en avait appelé aux services de l’Etat devant la montée des violences dans sa ville. Une marche blanche avait par ailleurs été organisée pour rendre un dernier hommage à Marwane, quelques jours après le drame.

BFM