Astronomie : Pétition pour changer le nom du télescope spatial “James Webb”, baptisé d’après l’ancien administrateur de la NASA, accusé de discrimination homophobe

La « cancel culture », qui consiste à ostraciser des individus ou institutions, responsables de propos ou d’actions racistes, sexistes ou discriminatoires, vient de faire une nouvelle victime aux États-Unis : le futur télescope spatial James Webb (JWST), du nom d’un ancien administrateur de la Nasa ayant officié entre 1961 et 1968. Quatre astronomes ont lancé en mai une pétition dénonçant le choix de ce nom, qui a déjà rassemblé plus de 1.250 signatures.

James Webb se trouve aujourd’hui accusé d’avoir cautionné une politique discriminatoire à l’encontre des personnes gays et lesbiennes lorsqu’il travaillait dans l’administration dans les années 1950. D’après les astronomes ayant rédigé la pétition, James Webb aurait fait circuler des mémos décrivant les gays comme des personnes aux comportements sexuels pervers.

Il est regrettable que la Nasa lance un incroyable instrument dans l’espace portant le nom d’un homme dont l’héritage au mieux est compliqué et, au pire, reflète la complicité de discrimination homophobe au sein du gouvernement fédéral », écrivent-ils dans une tribune du Scientific American.

Pour d’autres scientifiques, il n’y a en revanche pas de preuve que James Webb ait participé activement à ces politiques discriminatoires.

Cette polémique fait suite, en tous cas, à d’autres tentatives pour renommer des bâtiments ou installations portant le nom de personnages historiques au passé « douteux », rappelle le site Nature. L’an dernier, un membre de l’aérospatiale a plaidé pour renommer un centre de la Nasa dans le Mississippi portant le nom de John Stennis, un sénateur ayant voté à plusieurs reprises en faveur de la ségrégation raciale dans les années 1960.

La décision finale concernant le JWST reviendra à l’administrateur de la Nasa Bill Nelson qui ne s’est pas encore exprimé publiquement sur le sujet. Certains noms ont déjà fusé pour remplacer James Webb, comme celui de Harriet Tubman, une ancienne esclave du XIXe siècle ayant utilisé les étoiles pour guider les Noirs vers la liberté, ou celui de Cecilia Payne-Gaposchkin, dont les travaux ont révolutionné la compréhension de la composition de l’Univers au début du XXe siècle. À moins que l’on ne découvre d’ici là une zone d’ombre dans leur passé…

Futura-Sciences