Astronomie : Un phénomène observable à l’œil nu au solstice d’hiver, pour la première fois depuis le moyen-âge

Les spécialistes appellent cela « la Grande conjonction ». Au crépuscule du 21 décembre, un phénomène extrêmement rare, qui ne s’est plus produit depuis 1226, pourra être observé à l’œil nu depuis la Terre. Les deux des astres les plus lumineux dans notre voûte céleste, vont se rapprocher, formant une sorte de « double planète » vue de la Terre. Ce phénomène astronomique, qui n’était pas arrivé depuis 800 ans, va mériter le coup d’œil. Un cadeau de Noël avant l’heure pour les passionnés d’espace.

Jupiter et Saturne se rapprocheront tellement l’une de l’autre, qu’il sera possible de croire qu’il s’agit d’une double planète. Au moment du solstice d’hiver, elles ne seront en effet séparées que par un cinquième du diamètre d’une pleine lune, prévient Patrick Hartigan, professeur de physique et d’astronomie de l’université Rice, à Houston.

« Elles seront séparées par un espace pas plus grand qu’un cinquième du diamètre d’une pleine lune », précise l’astronome américain. Le résultat visible dans le ciel sera exceptionnel : ces deux astres qui font partie des plus lumineux dans notre voûte céleste, donneront l’impression de former une double planète.

«Pour la plupart de ceux qui utiliseront un télescope, chacune de ces planètes et leurs plus grosses lunes seront visibles dans un même champ de vision», prévoit-il même. De quoi avoir dans sa lunette, en plus des géantes Jupiter et Saturne, leurs satellites Europa, Io, Callisto pour l’une, Rhea et Titan pour l’autre.

La dernière fois, c’était au Moyen-âge

Un spectacle extrêmement rare, car si les deux planètes peuvent «s’aligner» environ tous les 20 ans, une proximité aussi infime n’aura plus existé depuis le 4 mars 1226, au Moyen-âge. Pour revoir un pareil spectacle, il faudra ensuite patienter jusqu’au 15 mars 2080, avant d’attendre des siècles et les années 2400, indique le professeur. […]

Il faudra se trouver près de l’équateur pour avoir les meilleures conditions d’observation. Mais l’événement sera observable partout sur Terre, si la météo le permet et offre une vue dégagée du ciel. Selon l’astronome américain, le duo de planètes apparaîtra dans le ciel occidental pendant environ une heure après le coucher du soleil chaque soir.

Pour profiter de ce spectacle inédit, les spectateurs dans l’hémisphère Nord devront être à l’heure car ce sont eux qui verront le moins longtemps la conjonction, qui sera particulièrement basse dans le ciel et s’enfoncera donc très rapidement dans l’horizon, une fois le soleil couché. Heureusement, les planètes seront suffisamment lumineuses pour être vues au crépuscule.

Pour ceux qui ne sauraient pas où regarder, l’astronome conseille des logiciels pour vous aider, indiquant la direction à observer suivant où vous vous trouvez, comme Stellarium par exemple.

Les planétariums français ne devraient pas rater le spectacle. En Bretagne, par exemple, le rendez-vous est déjà pris à Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor).

Phys & AEAAC