Attaque à l’arme blanche à Villeurbanne : l’auteur jugé irresponsable

Trois experts psychiatres, sur quatre désignés durant l’enquête, ont établi ce diagnostic au sujet du mis en cause.

Il avait provoqué une véritable scène de terreur à Villeurbanne, à proximité de Lyon, en 2019. Un homme, armé d’un couteau et d’une fourche de barbecue, s’en était pris à des passants à une sortie de métro, provoquant la mort d’un jeune de 19 ans et blessant huit autres personnes. L’auteur de cette attaque, selon le parquet, doit être reconnu irresponsable pénalement en raison de l’abolition de son discernement. C’est ce qui est ressorti de son réquisitoire définitif, consulté par l’Agence France-Presse.

Trois experts psychiatres, sur quatre désignés durant l’enquête, ont établi ce diagnostic au sujet du mis en cause, Sultan Niazi.

Hospitalisation complète et mesures de sûreté

Le parquet s’est rangé à leur avis et a requis la saisine de la chambre de l’instruction aux fins de statuer sur l’irresponsabilité du trentenaire, comme le veut la procédure en pareil cas. « Il est difficile d’aller à l’encontre de ces avis assez unanimes, nous comptons beaucoup sur l’audience pour que les victimes puissent s’exprimer, et comprendre le cheminement judiciaire de cette affaire », commente Frédéric Lalliard, avocat de deux parties civiles. Le parquet requiert aussi une hospitalisation complète et des mesures de sûreté concernant cet homme de nationalité afghane, qui présente des troubles sévères de la personnalité selon les experts.

Durant l’enquête, Sultan Niazi, qui était un gros consommateur de cannabis, a reconnu les faits en expliquant qu’il avait entendu des voix dans les écouteurs de son téléphone et qu’il se sentait persécuté, persuadé d’avoir subi des piqûres lors d’un séjour en Angleterre.

Une pathologie « schizophrénique paranoïde »

Des témoins l’ont entendu crier « Allah akbar », mais ses propos délirants, même teintés de vocabulaire religieux, ont été mis sur le compte d’une pathologie de type « schizophrénique paranoïde ». Armé de deux couteaux et d’une fourchette à barbecue, l’assaillant a frappé avec acharnement selon plusieurs victimes, s’en prenant par exemple à une dame âgée.

Connu dans plusieurs pays européens sous différentes identités, son âge variant de 30 à 35 ans, il dit avoir quitté l’Afghanistan adolescent en raison de pressions des talibans sur sa famille, et avoir traversé l’Iran, la Turquie et la Grèce. Sa trace est détectée en 2009 à Bruges (Belgique), puis à Calais et en Grande-Bretagne en 2010, enfin en Allemagne en 2015. Il aurait ensuite vécu clandestinement à Paris, avant d’arriver en région lyonnaise en 2017, où il avait formulé une demande d’asile. Des témoins ont rapporté des signes de troubles psychiques lors de son hébergement, mais aucun suivi n’a été enclenché.

Le Point