Royaume-Uni : Des Bitcoin remboursables en cash dans les distributeurs automatiques

Par Alexandre Counis
Publié le 21 janv. 2021 à 11:00Mis à jour le 21 janv. 2021 à 14:17
Convertir ses Bitcoin en monnaie sonnante et trébuchante au distributeur automatique de
billets du coin de la rue ? Ce n’est plus de la science-fiction pour les porteurs britanniques
de la célèbre cryptomonnaie. Ils peuvent depuis Noël l’échanger contre des billets dans
16.000 DAB du réseau de l’opérateur Cashzone, grâce à la fintech BitcoinPoint.
Concrètement, les porteurs doivent s’enregistrer à l’avance sur le site Internet de
BitcoinPoint, décider combien de Bitcoin ils veulent vendre, scanner un QR code puis
entrer dans le distributeur de billets un code PIN qui leur sera communiqué entretemps par
SMS. A l’arrivée, ils peuvent instantanément retirer en cash entre 10 et 500 livres.
BitcoinPoint prélève une commission fixe de 2,70 livres par opération, plus une variable
correspondant à 3,99% du montant de la transaction.
Jusqu’ici, seuls 200 distributeurs au Royaume-Uni permettaient de faire de l’achat ou de
l’achat-vente de cryptomonnaies, contre 10.000 aux Etats-Unis et 1.100 au Canada. Mais
il s’agissait de machines uniquement dédiées à ce type de prestations.

Démocratiser l’usage
« L’objectif est de démocratiser l’usage du Bitcoin en répondant à la demande des non
technophiles, qui trouvent trop compliqué d’avoir à s’enregistrer sur une plate-forme de
cryptomonnaie pour pouvoir en acheter ou en vendre, notamment les plus jeunes et les
plus âgés », explique Benoît Marzouk, le patron français de BitcoinPoint.
La société permettait déjà d’acheter des Bitcoin, dont le prix a récemment franchi un
record de 41.000 dollars, via son app, soit en achetant directement en ligne soit en se
rendant dans un réseau physique d’une vingtaine d’agents. A terme, elle vise le marché du
transfert d’argent à l’international.

Le transfert d’argent en ligne de mire
Face aux risques de fraude liées au Bitcoin, Benoît Marzouk défend son modèle.
« BitcoinPoint réclame une pièce d’identité et un selfie avec vérification biométrique dès la
première livre de Bitcoin achetée, plus un justificatif de domicile au-delà de 500 livres
d’achat par an et un justificatif de la provenance des fonds au-delà de 1.000 livres »,
déclare le patron, qui signale tout cas suspect.
La Banque centrale européenne (BCE) est plus mesurée. « Pour ceux qui soutiennent
que le Bitcoin pourrait devenir une monnaie, je suis absolument désolée, mais c’est un
actif hautement spéculatif qui a permis d’étranges activités, et notamment des activités de
blanchiment d’argent intéressantes mais totalement répréhensibles », a estimé la semaine
dernière sa présidente Christine Lagarde.
Alexandre Counis (Correspondant à Londres)

Les Échos