Australie : La ville d’Hobart va retirer la statue d’un chirurgien qui aurait volé le crâne d’un Aborigène pour l’étudier en 1870

La ville australienne d’Hobart a voté lundi 15 août au soir pour le retrait d’une statue de 132 ans commémorant un homme politique qui avait volé le crâne d’un Aborigène dans une morgue pour l’étudier scientifiquement.

La maire d’Hobart Anna Reynolds a expliqué que cela «participait au processus de vérité» sur l’histoire de la Tasmanie, un État où la population aborigène a été décimée par les maladies et les violences après l’installation des Européens. Le conseil municipal s’est exprimé pour le retrait de la statue de William Crowther, dirigeant de Tasmanie à la fin des années 1870. Chirurgien de métier, Crowther a mutilé en 1869 le corps d’un Aborigène décédé, William «King Billy» Lanne, en enlevant son crâne et en le remplaçant par celui d’une autre personne.

Le vol a eu lieu dans le cadre d’un conflit entre deux sociétés scientifiques, qui voulaient toutes deux revendiquer le droit d’étudier les restes de Lanne, considéré à l’époque comme le dernier aborigène de Tasmanie. Le vol a été commis dans le cadre d’un conflit entre deux sociétés scientifiques, qui revendiquaient toutes deux le droit d’étudier les restes de Lanne, considéré à l’époque comme le dernier Aborigène de Tasmanie.

Le délit a scandalisé de nombreuses personnes à l’époque et donné lieu à de nouvelles lois exigeant le consentement de la famille avant toute expérimentation médicale. Mais moins de dix ans plus tard, William Crowther était élu premier ministre de l’État. Anna Reynolds estime que la décision de déboulonner la statue du chirurgien vise à ne pas donner d’importance «à cette personne, qui est un symbole de racisme et à cette science du classement racial». «Cette rhétorique malheureuse sur l’effacement de l’histoire est vraiment extrême», a-t-elle regretté lors d’une interview à la radio ABC.

Une nouvelle œuvre sera commandée pour remplacer la statue, qui sera conservée, a précisé l’édile. «Elle ne sera pas démolie, elle sera traitée avec respect», a-t-elle assuré. Avant ce déboulonnage, le Musée de Tasmanie s’est excusé auprès du peuple aborigène de l’État pour son rôle dans l’exhumation et la profanation de restes indigènes, principalement pour servir les sciences raciales, aujourd’hui discréditées. Jusqu’en 1947, le musée a exposé publiquement les restes de l’épouse de Lanne, Truganini, expressément contre ses dernières volontés.

Le Figaro