Autriche : Portrait de Kujtim Fejzulai, le terroriste musulman abattu par la police viennoise

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Originaire de Macédoine du Nord, l’auteur présumé de l’attentat qui a endeuillé la capitale autrichienne, lundi 2 novembre, était un récidiviste âgé de 20 ans. Il avait tenté de rejoindre le groupe terroriste État islamique en Syrie en avril 2019. Condamné et incarcéré, il avait été libéré en décembre 2019.

Il n’aura pas fallu plus de neuf minutes après le premier appel d’urgence à la police pour qu’il soit mort”. L’auteur de l’attentat – qui a ouvert le feu, lundi 2 novembre peu après 20 heures – était connu des services de police et avait été condamné, en avril 2019, à vingt-deux mois de privation de liberté pour avoir voulu rejoindre le groupe terroriste État islamique en Syrie. Son arrestation avait eu lieu à la frontière turco-syrienne.

Incarcéré à la prison de Krems (non loin de Vienne), il avait été libéré en décembre2019 sous condition après avoir effectué les deux tiers de sa peine, a précisé le ministère de l’Intérieur à la presse. Kujtim Fejzulai, 20 ans, ressortissant de la minorité albanaise de Macédoine du Nord, était dernièrement domicilié dans le 23e arrondissement de Vienne (un arrondissement excentré), après avoir bénéficié de la loi relative aux tribunaux des mineurs.

Il venait d’une famille complètement normale. Pour moi, c’était un jeune qui avait eu la malchance de tomber sur les mauvais amis. Si, au lieu d’aller à la mosquée, il était allé faire de la boxe, il serait devenu boxeur. Je n’aurais pas cru possible qu’il commette un attentat”, a déclaré son avocat. Kujtim Fejzulai possédait la double nationalité autrichienne et nord-macédonienne.

Hommages aux quatre morts et vingt-deux blessés

Selon les données actualisées, l’attentat a causé la mort de quatre personnes et en a blessé 22 autres. Sept personnes, dont un policier, sont dans un état critique, mais leur pronostic vital ne serait plus engagé. Six autres blessés auraient pu quitter l’hôpital.Une quinzaine de perquisitions ont eu lieu depuis les fusillades de la veille, y compris dans le Land voisin de Basse-Autriche.

Il a été procédé à plusieurs arrestations, dont une probablement en région (Haute-Autriche). Les enquêteurs tendent à attribuer la responsabilité à plusieurs assaillants, mais n’en ont encore aucune certitude.

Le chancelier, Sebastian Kurz, et le président de la République, Alexander Van der Bellen, se sont rendus sur les lieux et ont pris la parole, ce mardi matin, pour dénoncer ce “lâche attentat”,“inspiré par la haine”, et réaffirmer leur attachement aux libertés démocratiques et aux droits fondamentaux.

Un deuil national de trois jours a été déclaré, pendant lesquels les drapeaux seront en berne sur tous les bâtiments publics. Une minute de silence a été observée ce mardi à 12 heures. Le président Emmanuel Macron, qui avait rapidement exprimé son soutien à Vienne à l’annonce des fusillades, s’est rendu ce mardi vers 13 heures à l’ambassade d’Autriche à Paris, pour assurer Vienne de la solidarité de la France dans l’épreuve.

Die Presse