Gaillon (27) : Aux côtés d’une maman pakistanaise menacée d’expulsion avec ses filles

Une centaine de personnes étaient réunies, lundi 18 octobre 2021, à Gaillon, pour soutenir une mère de famille pakistanaise et ses quatre filles menacées d’expulsion après le rejet de leur demande de droit d’asile. La comédienne Yolande Moreau a fait une apparition remarquée.

« Même si le préfet refuse la régularisation, la seule garantie que la famille puisse rester sur le territoire, c’est notre mobilisation. Alors, restons mobilisés. » À l’appel d’un Toit sous la main, une centaine de personnes se sont rassemblées devant les portes du groupe scolaire Paul-Doumer, à Gaillon, lundi 18 octobre 2021, pour soutenir Gulnaz et ses quatre filles, Arfa, Naveera, Eilsa et Ishna, âgées de 9 à 16 ans.

La famille, qui a fui le Pakistan en 2019 pour échapper aux violences talibanes et au mariage forcé, a vu sa demande de droit d’asile rejetée en juin 2021. Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (notre édition du dimanche 10 octobre), « elles peuvent être expulsées à tout moment », a rappelé Élodie Reglat, institutrice et référente d’un Toit sous la main à Gaillon.

Yolande Moreau tient sa promesse

Gulnaz et ses enfants bénéficient aujourd’hui du soutien de Yolande Moreau. La comédienne, qui vit dans l’Eure depuis de nombreuses années, s’était signalée en 2016 en filmant les migrants dans le nord de la France pour une collection de documentaires commandés par ArteCelle qui sera à l’affiche des Sans-dents, de Pascal Baraté, annoncé sur les écrans en avril 2022, a dû se faire prier pour dire quelques mots. « Je souhaite comme tout le monde ici qu’une issue favorable soit trouvée. C’est inconcevable qu’on ne les héberge pas, qu’elles ne trouvent pas une solution. Je ne comprendrais pas qu’on n’y arrive pas. Ça serait un manque d’empathie total. »

 « Les renvoyer là-bas, ce serait les condamner à un quotidien dangereux et malsain »

Après le lancement d’une pétition, qui a déjà recueilli près de 4 000 signatures, et avant une rencontre avec la maire de Gaillon, Odile Hantz, mercredi 20 octobre 2021, « pour demander une solution d’hébergement pérenne », Vincent Breuil, le président d’Un Toit sous la main, a annoncé qu’une « nouvelle audience allait être demandée au préfet, afin que les droits humains s’appliquent avant tout ».

« Les renvoyer là-bas, ce serait les condamner à un quotidien dangereux et malsain, a souligné une camarade de classe de Naveera. Des jeunes filles de notre âge menacées de viol et de mariage forcé, c’est inimaginable, cela pourrait être nous. » « En France, elles pourraient s’épanouir, poursuivre leurs études et leurs rêves, a poursuivi une autre collégienne. Nous avons tous le droit à une chance de réussir dans la vie, et nous aimerions qu’elles puissent tenter la leur avec nous, en France. »

PARIS NORMANDIE