Avortement : le gouvernement «soutiendra avec force» la proposition de loi pour inscrire le respect de l’IVG dans la Constitution

«Le Parlement doit pouvoir se retrouver très largement autour de ce texte» sur le droit à l’avortement, a déclaré sur Twitter la première ministre Élisabeth Borne. LUDOVIC MARIN / AFP

Les députés LREM vont déposer une proposition de loi pour inscrire inscrire le droit à l’IVG dans la constitution. La Nupes débattra d’une proposition similaire lundi.

La première ministre Elisabeth Borne a apporté son soutien samedi à la proposition du groupe LREM d’inscrire le droit à l’avortement dans la constitution française. Plus tôt samedi matin, la chef de file des députés LREM Aurore Bergé avait annoncé le dépôt d’une proposition de loi à cet effet, après la décision historique de la Cour suprême des États-Unis de révoquer le droit à l’IVG. La Nupes a également annoncé vouloir discuter lundi d’un projet de loi en ce sens.

«Le gouvernement soutiendra avec force cette proposition de loi. Pour toutes les femmes, pour les droits de l’Homme, nous devons graver cet acquis dans le marbre», a déclaré sur Twitter la chef du gouvernement, estimant que «le Parlement doit pouvoir se retrouver très largement autour de ce texte».

E.Bornstein

Sur France inter, Aurore Bergé a quant à elle évoqué une décision «catastrophique pour les femmes dans le monde». «Vous avez une femme qui meurt toutes les 9 minutes parce qu’un avortement a été mal pratiqué, de manière non sécurisée», a-t-elle rappelé samedi matin.

«Cela appelle aussi à ce que nous prenions en France des dispositions pour qu’on ne puisse pas avoir demain des revirements qui pourraient exister», a ajouté l’élue des Yvelines, ex-LR à l’engagement féministe. Il y a quelques mois, Aurore Bergé avait notamment vivement défendu l’allongement en France du délai légal de l’IVG, voté à la fin de la précédente législature. Craint-elle une remise en cause en France? «Malheureusement, rien n’est impossible et les droits des femmes sont toujours des droits qui sont fragiles et qui sont régulièrement remis en cause».

Les élus RN, «des opposants farouches» à l’IVG

Pointant les nouveaux députés RN, «des opposants farouches à l’accès des femmes à l’IVG», elle a jugé qu’il ne fallait «prendre aucun risque en la matière et donc sécuriser» ce droit. Le FN, devenu RN, a été pendant longtemps radicalement anti-avortement. En 2011, Marine Le Pen avait redit son souhait de dérembourser l’IVG, puis prôné le statu quo sur le sujet, en se présentant comme la première défenseure des droits des femmes.

Sa proposition de loi, transmise à l’AFP, stipule que «nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse». La patronne des députés LREM a insisté: «On ne change pas la Constitution comme on change la loi» donc «c’est une garantie qu’on doit donner aux femmes». Elle estime que la mesure sera «largement partagée sur les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat».

Une tentative similaire de la gauche en 2019

L’idée n’est pourtant pas inédite. En 2019 déjà, plusieurs députés de gauche avaient déposé une proposition de loi constitutionnelle «visant à protéger le droit fondamental à l’interruption volontaire
de grossesse», une initiative portée par le socialiste Luc Carvounas. «Nul ne peut entraver le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse», mentionnait l’article également soutenu par les députés insoumis Clémentine Autain, Eric Coquerel et Mathilde Panot.

Vendredi soir, la chef des députés Insoumis Mathilde Panot avait annoncé aussi qu’elle proposerait dès lundi à l’alliance de gauche Nupes «de déposer une proposition de loi pour inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution» française.

Le Figaro


Rappel de 2018, la position des mêmes macronistes: