Belgique : 70 mesures gouvernementales de lutte contre l’antisémitisme, la romophobie, l’islamophobie et l’afrophobie

Pour combattre les préjugés racistes, un plan comprenant 70 mesures a été adopté et sera complété par une série de contributions émanant des Régions du pays. 

Le racisme sous toutes ses formes, la discrimination, la xénophobie et l’intolérance gangrènent notre démocratie“, ce constat formulé dans le texte de la communication adressée par le Gouvernement fédéral est aujourd’hui partagé par tous les partis politiques de la Vivaldi.

Pour le premier ministre Alexander De Croo, il est temps d’agir en unissant les efforts de tous les départements de la société : “Le racisme est un problème structurel, en Belgique aussi, et nous devons oser le reconnaître. Avec les mesures fédérales que nous prenons aujourd’hui, nous passons des paroles aux actes : nous travaillons avec toute l’équipe gouvernementale pour une société plus inclusive“.

Assumer ses responsabilités à l’échelon fédéral

C’est la Secrétaire d’Etat Sarah Schlitz qui supervise cette contribution fédérale. Les mesures définies touchent à l’égalité des chances, l’emploi, l’économie, l’asile et la migration, la santé, la justice, la police, la fonction publique, les affaires étrangères, le digital et la mobilité : “Il y a plus de 20 ans, en 2001, la Belgique s’est engagée lors de la Conférence de Durban à élaborer un Plan d’action interfédéral contre le racisme” rappelle Sarah Schlitz “Avec ces mesures fédérales, nous voulons assumer notre responsabilité dans l’élaboration de ce Plan très attendu par les personnes concernées”. Toutes les formes de racisme seront prises en compte : antisémitisme, romophobie, islamophobie, afrophobie.

Tous les secteurs de la société sont concernés

Un constat s’impose, le racisme sous toutes ses formes dégrade le vivre-ensemble. Que ce soit dans le domaine de l’emploi où il prend la forme de discrimination à l’embauche ou encore sur les réseaux sociaux où les discours à caractère raciste se multiplient. Les signalements pour discriminations basées sur les critères raciaux auprès d’UNIA sont en augmentation, avec près de 4.000 signalements en 2021, cela représente près d’un tiers des dossiers traités. Les secteurs les plus concernés sont le logement, les soins de santé, la vie en société et le travail.

Intérieur et migration, mieux former le personnel

Le plan prévoit que la question du racisme sera incluse dans la formation de la police et des acteurs en matière d’asile et migration. Il s’agira notamment d’être plus attentif lors de contrôles et d’inspections pour éviter tout caractère arbitraire. Il est question de promouvoir un profilage “professionnel“, ce qui désigne un mode de fonctionnement suivant certaines règles à chaque étape d’un contrôle d’identité, où les raisons de son utilité sont objectivées et où l’on développe une approche correcte vis-à-vis des personnes contrôlées.

Combattre la discrimination à l’emploi et mieux protéger les travailleurs

Il est prévu que les administrations fédérales se soumettront volontairement à des tests de discrimination afin d’évaluer le niveau d’impartialité de leurs services. Un soutien sera apporté aux entreprises qui souhaitent investir de façon proactive dans le développement de politiques de diversité inclusives.

Le régime de protection des victimes de racisme sera élargi aux témoins leur portant assistance afin de les protéger de représailles de leur employeur. 

Sur le plan fédéral, la SNCB mettra en œuvre une politique efficace de diversité et d’inclusion des ressources humaines pour la sélection et le recrutement.

Enfin le SPF emploi sera chargé, avec des académiques, de recueillir les informations nécessaires pour réaliser un monitoring sur l’état de discriminations et la présence d’une diversité chez les employés dans les différents secteurs d’activité.

RTBF