Belgique : Le gouvernement ouvre la porte au rapatriement des femmes et des enfants belges de l’État islamique, détenus dans les camps syriens d’Al-Hol et Roh

Face aux conditions de vie catastrophiques dans les camps de détention du nord-est de la Syrie, la Belgique a décidé d’organiser le retour des enfants. En revanche, leurs mères ne seront rapatriées que si elles renient l’idéologie de l’organisation terroriste État islamique. Il était temps de prendre cette décision de bon sens.

Ce jeudi 4 mars, le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a annoncé que, face aux conditions catastrophiques qui prévalent dans les camps de prisonniers en Syrie, la Belgique allait “tout faire” pour rapatrier les enfants belges qui s’y trouvent. L’ONU a récemment émis un appel en ce sens, à destination des pays qui comptent des ressortissants dans les camps du nord-est de la Syrie. Enfin, “par petites étapes, nous revenons sur notre position têtue qui consistait à nous laver les mains du sort des djihadistes belges. Lentement, le réalisme s’impose.”

Dans le cas de la Belgique, ce sont 27 enfants et 13 mères au maximum, issus des camps d’Al-Hol et Roh, qui sont concernés, c’est “la première fois que le pays envisage de rapatrier des adultes soutiens de l’organisation terroriste État islamique (EI)”. Les autorités ont cependant bien précisé que le retour des mères ne serait pas automatique, qu’il serait examiné “au cas par cas” – la condition essentielle étant qu’elles renient l’idéologie de l’EI – et qu’elles iront de toute façon “directement en prison”.

Nous nous sentons toujours vulnérables

Pendant des années, la politique a donné priorité à la psychologie, au détriment de la realpolitik”. On a considéré que ces djihadistes avaient volontairement quitté la Belgique pour prêter allégeance à une organisation terroriste et meurtrière, notamment responsable d’attentats sur le sol belge dont on s’apprête à commémorer le cinquième anniversaire. Dès lors, “Pourquoi les reprendrions-nous, avec leur folie et leurs cicatrices ?

On a eu tort et l’on doit se féliciter que, “pressée par les circonstances”, la Belgique soit, finalement, “l’un des premiers pays à marquer ce tournant. Sans doute le fait-elle davantage pour des raisons de sécurité que pour le bien-être des enfants.” Elle a tout intérêt à détenir elle-même les anciennes combattantes de Daech, plutôt que de les laisser sur un territoire où elles finiront par sortir des radars.

Mieux vaut, également,prendre les enfants en charge plutôt que de les laisser grandir dans un pays où ils pourraient finir par grossir les rangs des terroristes.C’est en tout cas la justification qu’a donnée le Premier ministre et ce, pour deux raisons. La première, c’est qu’il est “assez cru de parler en ces termes d’enfants qui ne sont que les victimes des choix de leurs parents”. La deuxième, c’est que ces propos traduisent une position de faiblesse, “Nous ne sommes pas les vainqueurs, nous nous sentons toujours comme des victimes vulnérables.

Une fois ces 27 enfants rapatriés, il faudra se poser la question du sort des pères et autres djihadistes, que la Belgique a déchus de leur nationalité à chaque fois que c’était possible – “comme si ça améliorait notre sécurité”. Sans pour autant imaginer qu’il soit possible de désendoctriner ces personnes, “nous devons les garder sous contrôle. Faire comme si elles n’existaient pas n’est certainement pas la meilleure stratégie.”

Der Standaard