Bruxelles : La marche blanche dégénère en émeutes à Saint-Josse après la mort d’Ibrahima, “Tout va mal depuis la traite négrière” (Màj)

14/01/2021

L’enquête doit encore déterminer les circonstances précises du décès d’Ibrahima Barrie, mort à Bruxelles le 9 janvier, après avoir été interpellé par la police. D’après l’avocat de la famille, il a été victime d’un malaise et laissé inconscient “de longues minutes” avant d’être pris en charge. Pour les centaines de manifestants rassemblés à Bruxelles le 13, ce nom s’ajoute à une liste déjà longue.

“Si Ibrahima n’avait pas été noir, il serait encore en vie. Ce qui lui est arrivé ne serait jamais arrivé à mes enfants, qui sont blancs”, a affirmé Alexis Deswaef, avocat de la famille d’Ibrahima Barrie, ce 13 janvier, pendant la manifestation qui faisait suite au décès de ce jeune homme, quatre jours plus tôt.

D’après les explications de Me Deswaef, Ibrahima (23 ans) a été interpellé après avoir filmé une intervention policière. Au commissariat, il a été pris de malaise et est tombé au sol. “Pendant de longues minutes [entre cinq et sept] on l’a laissé comme ça, sans connaissance, et il en est mort”, a déclaré l’avocat au mégaphone, peinant à se faire entendre au milieu de la colère de la foule qui criait notamment : “Police, assassins.”

Le parquet a refusé de confirmer ce retard dans la prise en charge du jeune homme. Mais une enquête pour homicide involontaire a été ouverte pour déterminer “les circonstances précises du décès” – qui serait survenu dans la soirée, à l’hôpital. D’après les premiers éléments, Ibrahima Barrie aurait été victime d’une crise cardiaque. On évoque également dans les médias des traces de coups ainsi que la possibilité qu’il ait ingéré de l’ecstasy, deux pistes qu’aucun élément n’étaye à ce stade, d’après Me Deswaef.

Il y a un problème au sein de la police et c’en est une nouvelle illustration”, a-t-il affirmé. Avec ses mots forts, “il traduisait sans aucun doute le ressenti des manifestants, pour la plupart originaire d’Afrique noire”. Justice pour Adil, Mehdi, Mawda, IbrahimaDans un premier temps, la manifestation – réunie près du commissariat où est mort Ibrahima, dans le quartier populaire de la gare du Nord de Bruxelles – s’est déroulée dans le calme, décrit le quotidien flamand de référence.

Dans le cortège de 500 personnes environ, de nombreuses références au mouvement Black Lives Matter – dont le poing levé – ainsi qu’“un panneau intitulé ‘Justice pour’ suivi des noms de plusieurs personnes mortes à la suite d’une intervention de la police”. Parmi eux, Mehdi, Adil et Mawde. C’est surtout après la fin de la manifestation, vers 17 heures,quand la plupart des manifestants ont quitté les lieux, que l’atmosphère s’est tendue.

À la tombée de la nuit, des pavés ont commencé à pleuvoir”, du mobilier urbain et des véhicules de police ont été abîmés, “on a vu des départs de feu[notamment aux locaux de la police] et des tirs de feu d’artifice”. C’est à ce moment-là que la voiture du roi Philippe, qui rentrait d’une journée de travail, est passée au milieu de la place où s’était déportée la mobilisation, ce qui a provoqué “la panique des policiers présents” et un certain émoi dans la presse populaire, par la suite.

Le rassemblement a été dispersé notamment à l’aide de canons à eau et le calme est revenu vers 19 h 30 avec 116 arrestations administratives, 4 arrestations judiciaires (garde à vue) et 5 blessés, dont 4 policiers.

7 sur 7

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13/01/2021

L’émotion et la tension étaient palpables ce mercredi vers 15h sur la place du Nord à Saint-Josse, juste en face du commissariat où Ibrahima, un jeune guinéen de 23 ans, a trouvé la mort samedi dernier. Les policiers ont également dû prendre part à une escorte de la voiture du roi Philippe qui est passée au milieu des manifestants alors que des heurts étaient encore en cours.

C’est un total de trois ambulances qui ont été appelées sur les lieux. Un manifestant a été pris en charge sur la Place Liedts tandis que deux policiers ont aussi été emmenés par les service de secours.

Sous les slogans “justice pour Ibrahima” et “police assassin”, environ 500 personnes, selon la police, se sont rassemblées pour crier à l’injustice et demander que clarté soit faite sur cette affaire. La manifestation avait été autorisée par le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, et de très nombreuses personnes étaient présentes pour accompagner les proches d’Ibrahima dans leur deuil. Bien plus que les 100 personnes autorisées.

L’émotion et la tension étaient palpables ce mercredi vers 15h sur la place du Nord à Saint-Josse, juste en face du commissariat où Ibrahima, un jeune guinéen de 23 ans, a trouvé la mort samedi dernier.

Sous les slogans “justice pour Ibrahima” et “police assassin”, environ 500 personnes, selon la police, se sont rassemblées pour crier à l’injustice et demander que clarté soit faite sur cette affaire. La manifestation avait été autorisée par le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, et de très nombreuses personnes étaient présentes pour accompagner les proches d’Ibrahima dans leur deuil. Bien plus que les 100 personnes autorisées.

Il décrit Ibrahima comme étant “une personne en or.” “Je l’ai rencontré à l’athénée royal Da Vinci à Anderlecht. On habitait le même quartier, on jouait au football ensemble. C’était une personne toujours souriante. Il était toujours présent pour les autres dans les bons comme les mauvais moments. Il prenait le souci des autres avant ses problèmes. C’est une perte énorme pour nous.”

Son ami Mohamed, 23 ans, ne dit pas autre chose. “Ibrahima est victime d’injustice et la moindre des choses était de venir aujourd’hui pour crier notre colère et notre frustration. C’était un ami à moi, un gars bien, cool, et c’est pas normal qu’il soit parti comme ça. Ca me blesse terriblement. On va essayer de faire ce qu’on peut et on espère avoir la vérité.”

DHNet