Belgique : Un projet d’attentat d’extrême droite déjoué, six suspects arrêtés, un homme tué lors du raid de la police à son domicile (Màj)

05/10/2022

La famille de Yannick Verdyck (36 ans), tué par la police lors d’une perquisition à son domicile la semaine dernière à Merksem (Anvers), va porter plainte au civil pour meurtre. “Nous espérons une enquête objective et déterminée sur les véritables circonstances de sa mort”, fait savoir mardi dans un communiqué de presse leur avocat John Maes.

La famille de Yannick Verdyck conteste ainsi fermement l’image qui est donnée de leur proche. “Avec une profonde tristesse mais aussi avec une grande colère, nous devons assister impuissants à la manière dont certaines personnes salissent la mémoire de notre fils et frère bien-aimé. Il est décrit à tort comme étant d’extrême droite, raciste et même comme un danger pour notre société.”

Yannick Verdyck était, selon eux, un homme sociable, soucieux de sa famille et de ses amis. En tant que marchand de métaux précieux, il était en contact avec une grande diversité de personnes qui l’appréciaient et avec lesquelles il avait souvent noué des liens d’amitié. C’était un amateur d’armes à feu et un collectionneur qui jouissait, selon sa famille, d’une réputation irréprochable et, de ce fait, était également président d’une association de tireurs sportifs.

Yannick avait ses idées et ses opinions et les exprimait ouvertement mais sans vouloir blesser quiconque ou faire du mal à qui que ce soit. Sa mort violente à la suite d’une action policière incompréhensible de notre point de vue soulève de nombreuses questions.”

Yannick Verdyck, 36 ans, a été abattu par la police à son domicile

La famille de l’intéressé a donc chargé son avocat, Me John Maes, de déposer plainte avec constitution de partie civile pour meurtre et espère une enquête objective et déterminée sur les circonstances réelles de sa mort.

“Enfin, nous tenons à remercier toutes les personnes pour leurs messages de sympathie et nous espérons avec eux une réhabilitation de Yannick. Nous demandons aux médias de respecter notre vie privée afin que nous puissions dire au revoir à notre fils et frère en toute sérénité”, concluent-ils.

DHNet

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28/09/2022

La police a saisi une centaine d’armes et du matériel militaire lors de perquisitions menées dans sept localités de Flandre. Six individus ont été interpellés, un autre, connu comme un « survivaliste », a été tué lors d’un échange de tirs.

Le parquet fédéral belge a indiqué, mercredi 28 septembre, que la police – dont des unités spéciales – avait mené, au petit matin, une dizaine de perquisitions en Flandre dans le cadre d’une enquête sur les préparatifs d’un attentat par des personnes proches de l’extrême droite. Six individus ont été interpellés. On ignore quelle aurait été leur cible mais, selon un communiqué des autorités judiciaires, le groupe est soupçonné de « vouloir mener une forme de résistance armée contre le gouvernement, sans avoir déjà déterminé une cible concrète ou une date de passage à l’acte ».

Les opérations menées dans sept localités, notamment Anvers et Gand, ont entraîné la mort d’un homme de 36 ans, tué lors d’un échange de tirs avec les unités spéciales de la police fédérale à Merksem, un district d’Anvers.

Haine des immigrés, des juifs, de l’Etat

Le parquet fédéral a livré peu de renseignements sur la victime, Yannick Verdyck, qui se présentait sur les réseaux sociaux comme un marchand de métaux précieux, un collectionneur d’armes, et un adepte du tir sportif. Très prolixe, il exprimait régulièrement ses sympathies pour l’extrême droite et sa haine des immigrés, des juifs ou de l’Etat, et plaidait pour l’instauration d’une dictature militaire. Son dernier message, en date du 26 septembre, célébrait la victoire aux élections italiennes du parti Fratelli d’Italia (post-fasciste) de Giorgia Meloni.”

Selon le quotidien De Morgen, la justice ciblait, depuis plusieurs mois, Verdyck et certains de ses proches, tous connus comme « preppers », survivalistes, ou « collapsologues », convaincus que le monde actuel va s’effondrer et qu’il convient, selon l’un des dogmes de ce mouvement, de « prévoir et anticiper plutôt que subir ». Ce qui suppose, dès lors, de s’armer pour se défendre et défendre sa famille. Afin de survivre à la prétendue apocalypse qui menace, il convenait, selon Verdyck, de se procurer des armes.

Yannick Verdyck, 36 ans, victime de la perquisition mortelle à Merksem, était une figure bien connue du monde des tireurs sportifs. À la Fédération royale des tireurs à la carabine et au pistolet d’Anvers (KFKPA), ils réagissent avec choc à la mort subite de leur président. « Yannick m’a semblé être un homme très correct », raconte le trésorier Marc Van Beeumen. “Nous n’avons pas vu cela venir.”

“Les instances officielles sont les seules à pouvoir dire ce qui s’est passé ce matin lors de cette perquisition”, indique Marc Van Beeumen, trésorier de la fédération des clubs de tir sportif KFKPA. “Nous n’avons également entendu des médias que ce matin que notre président avait été tué lors de cette perquisition.”

Théoricien du complot d’extrême droite

Yannick Verdyck est vu par la cour comme une figure influente dans le milieu des théoriciens du complot d’extrême droite, qui préparent la fin des temps. Il s’est présenté sur les réseaux sociaux comme un spécialiste de la « préparation » et il a également parfois montré des armes et des accessoires militaires. Mais selon ses propres mots, le trésorier Marc Van Beeumen n’a jamais rien remarqué d’idées d’extrême droite. « Il a été président de la fédération, je suis trésorier. Nous étions donc en contact régulier les uns avec les autres. Mais je n’ai jamais remarqué aucune de ces soi-disant idées d’extrême droite. Il n’a pas fait étalage de cela. Il semblait juste être un homme très correct.

Van Beeumen se rend compte que l’affaire jette une tache sur le tir sportif. « Mais nous sommes déjà habitués à cela. Le tir sportif a toujours eu une mauvaise image. Même si nous sommes les personnes les plus gentilles que vous puissiez imaginer. Si vous voyez le nombre de réglementations auxquelles nous devons nous conformer, vous abandonneriez presque le passe-temps. »

Auto défense

L’homme ne croit pas non plus que Verdyck vient de commencer à tirer sur la police, comme cela a été indiqué. « Yannick faisait du commerce de pièces et d’or. Que penseriez-vous si elle faisait exploser votre porte au milieu de la nuit et pénétrait chez vous masquée et armée ? Vous pourriez penser qu’ils viennent vous voler. Surtout s’ils se mettent aussi à crier en français. En tant que tireur sportif, vous cherchez instinctivement une arme pour vous défendre. Je pense que c’est une explication plausible de ce qui s’est mal passé dans cette recherche.”

GVA