Belgique : Une Yvoirienne devient la seconde maman d’un clandestin guinéen

Anne et Bryan se sont rencontrés par hasard il y a 5 ans et depuis, une véritable amitié s’est créée. Aujourd’hui, le Guinéen, qui vit en situation illégale, rend visite à sa seconde maman, comme il l’appelle.

C’est devenu une habitude dans l’un des jardins de la Rue Redeau à Yvoir. Des migrants de toutes les nationalités se rejoignent pour prendre le thé, discuter et parfois chercher des vêtements de seconde main. Certains proviennent du centre d’accueil pour demandeurs d’asile voisin. D’autres, comme Bryan, sont en situation illégale. Ce Guinéen d’origine est en Belgique depuis 2016:

Pour le moment, ma situation est chaotique. J’ai reçu un ordre de quitter le territoire et je vis dans la rue depuis que j’ai quitté le centre où j’étais. Cela fait près d’un an que Bryan vit dans la clandestinité, dans la peur d’être renvoyé dans son pays où il n’est plus le bienvenu. Même pour aller chercher à manger, j’ai peur… Peur d’être attrapé. Pour le moment, je vais chercher de la nourriture à Namur, dans une association qui s’appelle “Une Main Tendue”. D’autres associations existent pour nous laver et pour dormir, je jongle entre les amis.”

Parmi ses amis, il y a Anne Rossi. Organisatrice de ces réunions “improvisées”, elle est l’une des premières rencontres de Bryan sur le sol belge. Les deux amis ont fait connaissance lors d’un atelier théâtre. Anne s’en souvient parfaitement: Il a fallu l’apprivoiser parce qu’il était très seul et il est vrai que j’ai mis du temps pour le connaitre. Maintenant, il a pris une grande place dans ma vie, mes enfants l’apprécient beaucoup, c’est le petit de la famille.

Bryan, quant à lui, est éternellement reconnaissant:

Elle m’a donné des habits, des chaussures… Elle m’a hébergé quelques fois aussi. Elle est tout pour moi.”

Aujourd’hui, Bryan fait un appel au gouvernement belge. Il demande l’opportunité de travailler légalement et d’être régularisé dans un pays où il se sentirait chez lui.

J’ai envie de travailler et d’avoir un titre de séjour. J’ai quitté mon pays dans l’espoir d’avoir une meilleure vie ailleurs mais pour le moment, ici, en Belgique, c’est le désespoir total.”   

MAtélé