Bénin : Descendant d’esclave, il photographie des modèles portant des entraves

Colliers à longues tiges, à clochettes ou masques : Fabrice Monteiro commente dans une vidéo exclusive les entraves qu’il a faites porter à des modèles Béninois.

Ils craignaient le mauvais sort, il les a convaincus. Pour l’histoire. Le photographe Fabrice Monteiro a parcouru les rues de Ouidah, ancien comptoir de la traite négrière, à une quarantaine de kilomètres à l’Ouest de la capitale du Bénin dans l’espoir de convaincre des compatriotes de poser face caméra comme ses ancêtres : des esclaves.

« Je cherchais cette physionomie spécifique aux Béninois métissés entre Brésil et Afrique. Le Bénin est un pays aux croyances vaudoues très ancrées : ce ne fut pas facile de convaincre les modèles, effrayés par la crainte du mauvais sort » explique le photographe.

En observant le résultat, on les comprend :

« Les entraves sont terriblement lourdes, blessantes. Pendant la prise de vue, leur expression se transformait, exprimant comme une douleur immémorielle. Ce projet fut une expérience physique réelle, hors du temps » se souvient Fabrice Monteiro.

Dans cette vidéo exclusive pour « l’Obs », le photographe raconte les coulisses de sa production photographique, que nous avons choisi pour illustrer la une de notre hors-série sur l’esclavage :

La France a déporté 1,5 million d’esclaves depuis l’Afrique. Ce « commerce triangulaire » n’est pas un épisode périphérique de notre histoire. Voulu et soutenu par l’Etat français, c’est un système économique global qui a façonné notre vision du monde.⁠⁠

Après l’abolition de 1848, le déni a prévalu. Mais aujourd’hui, le silence se craquelle. Pour ce hors-série, a donné la parole aux historiens, qui nous décrivent la machinerie négrière ; aux descendants, qui doivent vivre avec ce passé ; et aux esclaves eux-mêmes, dont la voix a été si longtemps enfouie.⁠⁠ A retrouver en parcourant les liens suivants.

Nouvel Obs