Béziers (34) : L’inquiétant profil de Leila, la jeune musulmane qui voulait attaquer une église

À Béziers, les policiers enquêtent sur le profil psychologique de Leila B., 18 ans, accusée de préparer un attentat contre des chrétiens dans une église. Ils avaient interpellé la jeune femme dans la nuit du 3 au 4 avril, après avoir découvert, dans sa chambre les ingrédients nécessaires à la fabrication de bombes artisanales : des bouteilles d’acide sulfurique, de l’acétone, de l’alcool à brûler, des seringues, des fils électriques…

La lecture de son journal intime confirme sa fascination pour Daech. On y retrouve des sourates incitant au djihad, des schémas de fabrication d’explosif, des dessins de couteaux, de pistolets, de bourreaux de l’État islamique tenant une tête décapitée. Il y a aussi – plus surprenant – un dessin de soldat nazi et de croix gammées.

Dans ses textes, elle détaille l’avancée de ses plans macabres : « Il est 12h11, je viens de me réveiller et j’ai plein de trucs à faire. Je dois aller acheter une tenue, de l’eau oxygénée, un récipient en verre […] Bientôt tout sera fini, bientôt je me vengerai. À partir de maintenant, personne ne pourra m’arrêter…» Sur ses conversations en ligne, avec des individus radicalisés, elle tenait des propos qui laissaient présager le pire : « Les chrétiens, je vais tuer. Couper des têtes. Je vais tuer les gens de l’église, oui Montpellier en France ». Elle visitait des sites ultra-violents, et est fascinée par les vidéos d’exécutions.

Si les premiers éléments de l’enquête laissaient penser qu’elle souhaitait attaquer une église de Strasbourg ou bien de Montpellier, d’autres indices suggèrent qu’elle aurait pu faire un attentat dans l’église de son quartier, qu’elle voit depuis la fenêtre de sa chambre. Dans la dernière page de son journal intime, elle a méticuleusement dessiné un plan de l’édifice, noté les horaires d’ouverture et les zones d’affluence.

Dans certains écrits de son carnet, elle évoque aussi d’autres projets de meurtres de masse, comme l’attaque de son lycée. « Le jour J [….] je vais buter un de mes voisins puis décider si je bute 3 autres voisins. […] Après je vais au lycée et je commence le massacre. Je vais faire sauter, détruire des trucs, buter tous les gens sur mon chemin.»

La perquisition de la chambre de l’apprentie terroriste présumée, regorgeait déjà d’indices glaçants. Sur un mur, un poster des tours du World Trade Center en feu est punaisé. Les policiers retrouvent aussi dans la pièce des photos de Samuel Paty mutilé.

Leila était en rupture scolaire, mais aussi familiale. Aucun membre de sa famille ne pouvait rentrer dans sa chambre. Elle y vivait recluse.

Le Figaro