Biarritz (64) : Le mystère du nom du quartier de la Négresse en partie résolu

Pour préparer l’arrivée de l’exposition itinérante “Chemin pour l’égalité : les femmes de l’ombre à la lumière” à la médiathèque de Biarritz, les Bask’Elles ont entrepris des recherches historiques. C’est bien une femme qui a donné son nom à ce quartier. Elle a vécu là aux alentours de 1810.

C’est l’un des mythes, l’une des légendes du Pays Basque : pourquoi le quartier de “la Négresse” à Biarritz s’appelle ainsi ? Un nom que certains verraient bien supprimé car ils y voient un caractère raciste. L’association Les Bask’Elles a refusé de partir dans la polémique. Ses militant-es ont, au printemps dernier, décidé de mener une enquête historique et d’apporter des preuves irréfutables à ce qui est aujourd’hui un mythe, une légende.

Au départ, se trouve l’exposition itinérante ”Chemin pour l’égalité : les femmes de l’ombre à la lumière”. Elle redonne la lumière à ces femmes qui ont œuvré pour le bien collectif bien souvent mais, à l’inverse des hommes, sont tombées dans l’oubli. Les Bask’Elles leur redonnent l’aura qu’elles méritent et les font connaître grâce à cette exposition itinérante. En prévision de sa venue à la médiathèque de Biarritz, à partir du 1er juillet, les militantes ont donc choisi de travailler sur celle qui a donné son nom au quartier de la Négresse à Biarritz, pour si possible, lui redonner un nom.

Pas de nom encore mais des pistes sérieuses

Ne faisons pas durer le suspense, pour le moment, son nom n’a été retrouvé. En revanche, les Bask’elles et les historiens sont affirmatifs. La piste de ”lana gressa”, pour terre grasse, argileuse est fausse. Selon Robert Ellissondo,  professeur d’histoire en mission auprès des archives départementales, aucun doute : “pour nous, elle a existé”. 

La Négresse est donc une femme.  A force de recherche, les bénévoles pensent que cette femme a vécu dans le quartier entre 1810 et 1814. Michaella Clapisson, porte-parole des Bask’elles,  explique : “nous avons retrouvé une citation dans un des ouvrages d’histoire  qui dit qu’un colon d’Amérique serait revenu avec cette femme et se serait établi dans ce quartier où elle tenait une auberge.” 

Une thèse corroborée encore par d’autres documents officiels, qui font état d’une auberge du quartier appelé la Négresse dans les années 1850 et dont le propriétaire était issu d’une famille impliqué dans le trafic négrier. En tout cas, les bénévoles ne comptent pas en rester là : Les Bask’Elles et Robert Elissondo projettent même de se rendre aux archives de Bordeaux et de Rocherfort pour faire avancer le dossier et surtout retrouver son nom.

Michaella Clapisson, porte-parole des Bask'Elles
Michaella Clapisson, porte-parole des Bask’Elles

Encore de nombreux projets et dossiers

L’association les Bask’Elles est donc à la recherche de documents, témoignages, et autres informations pouvant faire avancer leurs différents dossiers. Leurs coordonnées sont ici dans le lien notre article.

France Bleu