Bitcoin aux Bahamas et aux Iles Caïman soyons sérieux !

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Comme tous les lundis, j’étais l’invité d’Ecorama en direct de mon grenier normand.

FTX, la deuxième plateforme de cryptomonnaies s’est effondrée en quelques jours. Un choc sans précédent pour l’univers des cryptos.

Ici, il n’y a aucun sujet « technique ». Juste un sujet éthique et une escroquerie vieille comme le monde.

Utiliser l’argent des dépôts pour les propres besoins du patron. Au début c’est pour développer l’entreprise. Et petit à petit, on finit par piquer dans la caisse, on fait n’importe quoi, et quand les « épargnants » veulent retirer leur argent, ils découvrent que le roi est nu.

Tous les 10/15 ans une nouvelle génération de couillons se fait invariablement pigeonner. Vous avez beau les prévenir, ils vous expliquent que vous ne comprenez rien et que vous êtes un vieux con de l’ancien monde qui ne comprend rien à la beauté technique du nouveau.

FTX c’est un peu comme une banque à Bitcoin, et de manière générale à cryptomonnaies.

Vous avez plusieurs banques à cryptos qui gardent pour vous vos précieux jetons, tokens, et autres coins divers et « avariés » ces derniers temps.

Vous avez Binance le leader du marché, vous aviez FTX le second qui est désormais tombé au champs du déshonneur.

Vous avez Kraken aussi… et quelques autres plateformes.

Le problème par exemple c’est que FTX était aux Bahamas. Ce n’est pas que je n’aime pas les Bahamas, c’est très bien pour la plongée selon Tom Cruise dans le film La Firme des années 80 qui se termine bien mal pour le jeune avocat puisque les Bahamas, c’est pas franchement un lieu pour saintes nitouches.

Binance le leader du marché lui, est enregistré aux Iles Caïman.

Hahahahahahahahahahaha.

Les Iles Caïmans.

Alors pour reprendre les choses telles qu’elles sont, lorsque vous laissez vos Bitcoins (ou les autres machin-coins) chez FTX vous faites un chèque à un gus de même pas 30 piges qui est le seul « végan » obèse que je connaisse et qui a le siège de sa société aux Bahamas. Vous pouvez trouver cela génial. Mais aujourd’hui vous êtes fauchés, parce que le jeune geek, s’est barré avec le grisbi. Le vôtre.

Vous pouvez me dire que vous n’êtes pas un jeune naïf cryptophile tendance ravi du web, et que vous, on ne vous aura pas, parce que vous êtes chez le plus « gros », directement chez Binance. Je vous dirais que vous venez de donner votre argent à un gus certainement charmant (ou pas) dont la société est aux Iles Caïmans.

Hahahahahahahaha.

Hé, les gars, peut-être que la blockchain c’est merveilleux, cela va révolutionner le monde et changer la monnaie, la terre et l’univers, mais en attendant vous faites n’importe quoi en termes prudentiels.

Ces sociétés ne publient pas de bilans.

Pas de compte de résultats.

Pas de chiffres.

Pas de ratios.

Pas d’analyse comptable cohérente.

Les gens donnent leur argent uniquement par confiance béate.

Alors quand comme disait mon pépé.

Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup.

Et quand il y a un doute… il n’y a pas de doute.

Passez votre chemin.

Ne stockez pas sur des plateformes d’échange, elles méritent notre plus grande défiance et méfiance.

Le mieux c’est une clef Ledger.

Mais cela ne protégera pas de la purge sur les valorisations entrainée par la purge sur les gros acteurs du secteur.

Un secteur de margoulins et d’escrocs.

Alors les cryptos pourquoi pas, mais ne soyez pas naïfs, et n’abonnez pas tous les réflexes élémentaires de prudence sous prétexte que c’est nouveau, que c’est beau, que ça monte et que les promesses de gains sont merveilleuses.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

Insolentiae