Blaye (33) : Silima doit être renvoyé au Mali pour avoir menti sur son âge, les employés du supermarché se mobilisent « pour sauver l’apprenti-boulanger » (Màj : Michel-Édouard Leclerc suit personnellement le dossier du migrant)

15/04/2021

Sur France Inter, mercredi 14 avril, Michel-Édouard Leclerc, patron de la chaîne de supermarchés qui emploie Silima Diagouraga, a évoqué le cas du jeune migrant assurant qu’il suivait son dossier. Alors qu’il évoque dans l’émission “La Bande originale” sur France Inter le lien qu’il entretient avec les directeurs de magasins, Michel-Édouard Leclerc, patron de la chaîne de supermarchés du même nom, a évoqué le cas de Silima Diagouraga sans le citer (à 1 h 02 sur le replay sur le site du média).

« Je suis un dossier d’un jeune immigrant qui a menti sur son âge, qui a touché des aides publiques et qui a passé du temps de formation dans un magasin, des salariés le soutiennent dans ce magasin, le préfet invoque la loi pour le faire retourner au Mali », explique-t-il.

Le jeune migrant se cache

Puis il poursuit, sans confirmer qu’il est effectivement intervenu en faveur du salarié du Leclerc de Blaye : « La manière dont je vais m’en occuper n’est pas forcément de le médiatiser. […] La diplomatie, c’est quelquefois quand vous allez voir un préfet, vous allez voir un ministre, de lui garantir de ne pas en parler si vous trouvez qu’il a fait la faute et en même temps d’obtenir la bonne solution pour le salarié. » Soutenu par de nombreux politiques, dont le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset récemment, Silima Diagouraga est actuellement dans un lieu tenu secret pour échapper à l’expulsion.

Sud-Ouest

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04/04/2021

En Gironde, des employés d’une grande surface se mobilisent contre l’expulsion d’un jeune Malien arrivé en France en 2017. Après avoir passé un CAP, il était sur le point d’obtenir un CDI dans la boulangerie de l’enseigne.

Dans une grande surface de Blaye en Gironde, tous les employés l’affichent clairement sur leur badge : ils veulent sauver Silima. Ce boulanger Malien était devenu une figure du magasin. Mais en situation irrégulière et sous le coup d’une expulsion, il ne peut plus venir travailler. “C’est quelqu’un de très gentil, qui a voulu vite s’intégrer et on l’a très vite accepté. Pour nous, c’est plus qu’un collègue”, confie Laurence Lignier, hôtesse de caisse.

La préfecture de la Gironde lui reproche d’avoir fourni de faux documents d’identité

En contrat d’apprentissage depuis 2018, Silima montrait avec fierté son CAP de boulangerie, il devait même passer en CDI. La préfecture de la Gironde reproche à ce migrant Malien d’avoir fourni de faux documents d’identité en entrant en France. Il a attesté qu’il avait 16 ans au lieu de 27. C’est ce qui lui a permis de bénéficier de l’aide sociale à l’enfance en tant que mineur étranger.

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12/03/2021

En visite au centre de vaccination de Cars, en Haute Gironde, ce vendredi 12 mars, la préfète du département, Fabienne Buccio avait accepté de prolonger son séjour sur le territoire pour rencontrer le comité de soutien à Silima. Elle est restée ferme et maintient l’expulsion du migrant malien.

« La fournée Silima aura un goût amer », peste un bénévole du Secours populaire, venu récupérer 100 baguettes offertes par le supermarché Leclerc à l’association. Quelques minutes plus tôt, la préfète de la Gironde, Fabienne Buccio, venait d’annoncer qu’elle maintenait sa décision d’expulser Silima Diagouraga du territoire.

Sud Ouest

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07/03/2021

Silima Diagouraga est arrivé du Mali en 2017. Titulaire d’un CDI, il est pourtant menacé d’expulsion par la préfecture de Gironde depuis novembre dernier pour avoir menti sur son âge à son entrée. Ses proches et des élus demandent à l’État de revoir sa position. Pour Silima, sa “vie est ici“.

La mobilisation pour Silima se poursuit en Haute-Gironde. Ce samedi, une cinquantaine de personnes dont des élus ont manifesté à Blaye pour demander la régularisation de ce Malien âgé de 30 ans et arrivé en France il y a trois ans et demi.

Le jeune homme a passé un CAP et travaillait jusqu’ici comme boulanger au centre Leclerc de la commune. Mais il est menacé d’expulsion car il a menti sur son âge lorsqu’il est entré sur le territoire français. Une pétition lancée pour demander sa régularisation rassemble à ce jour plus de 35.000 signatures. Le comité de soutien créé pour Silima devrait rencontrer la préfète vendredi 12 mars. 

“Une intégration exemplaire”

“Ma vie elle est ici. Le travail, les amis… tout ça est important pour moi”. Sililma Diagouraga garde le sourire mais il ne cache pas son inquiétude. Quitter tout ce qu’il a construit à Blaye n’est pas envisageable pour le jeune homme : “Je ne le vis pas bien, ça me stresse… Mais je crois que c’est encore possible de rester grâce à toutes ces personnes qui me soutiennent”. 

Depuis son arrivée en 2017, il a parcouru un long chemin, motivé par un objectif : s’intégrer et vivre décemment en France. Il a appris la langue, suivi une formation pour devenir boulanger et obtenu un CDI. “Une intégration exemplaire”, résument Ketty et Pierre Bayle, qui l’hébergent depuis plus de deux ans. 

Mais en affirmant qu’il était mineur Silima a pu bénéficier d’aides auxquelles il n’était pas censé avoir droit. Lui, explique avoir suivi les conseils de passeurs. Ketty Bayle assure qu’il n’avait pas conscience à ce moment-là du droit français et des conséquences que cela entraînerait.

Le boulanger bénéficie d’une forte mobilisation locale. En janvier, 107 élus ont signé une tribune appelant à régulariser sa situation. Ses soutiens espèrent que ces arguments pourront convaincre la préfecture de revenir sur sa décision. 

France Bleu