Bois-Guillaume (76) : Mobilisation pour une future apprentie-aide soignante congolaise sous le coup d’une OQTF (màj) Sursis de trois mois

Rouen. Sursis de trois mois pour Sarah Lobondo, jeune Congolaise menacée d’expulsion

Sarah Lobondo, Congolaise de 19 ans menacée d’expulsion à Rouen, a reçu mardi une autorisation provisoire de séjour pour trois mois. Un sursis qui marque la quête d’un nouveau titre de séjour.

Sarah

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24 août 2021

Arrivée en France à l’âge de 13 ans et plus spécialement en Seine-Maritime, Sarah Lobongo a été prise en charge par l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance). Elle devait intégrer une formation d’aide soignante à Bois-Guillaume, près de Rouen (Seine-Maritime) en septembre 2021, mais elle a reçu de la préfecture une obligation de quitter le territoire français. Une pétition de soutien a été lancée. 

OQTF pour Obligation de quitter le territoire français. C’est cette injonction que Sarah Lobongo a reçue des services de la préfecture il y a quelques jours, alors qu’elle doit normalement, dès le mois de septembre, suivre une formation à la Croix-Rouge, à Bois-Guillaume, pour devenir aide soignante. La jeune femme, majeure, a engagé des démarches auprès de la préfecture pour que cette obligation qui lui est faite de rendre sa carte de séjour soit abandonnée. Une mobilisation est également en cours pour soutenir Sarah et une pétition à l’intention du préfet Pierre-André Durand a déjà récolté plus de 18.000 signatures à ce jour.

La jeune fille était collégienne à Darnétal

« Sarah est une de mes anciennes élèves. Son histoire personnelle est bouleversante et j’essaie de l’aider », confie Laëtitia Moura, professeure d’histoire-géographie au collège Chartier de Darnétal et qui ne comprend pas qu’elle ait reçu cet ordre de rendre sa carte de séjour, sous quinze jours, alors qu’elle doit entamer sa formation en septembre.

La pétition retrace ainsi le parcours de la jeune femme, née à Kinshasa en République Démocratique du Congo, pays qu’elle a quitté à l’âge de 13 ans, avec sa sœur. C’est sa grand-mère, décédée en 2015, qui a élevé les deux petites filles alors que leurs parents sont décédés dans un accident de voiture : Sarah était alors encore un bébé. Sa grand-mère disparue, la petite fille est arrivée en France en 2015 et a été prise en charge par l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) en tant que mineure isolée.

Une intégration réussie en Normandie

S’il est un exemple d’intégration réussie, c’est bien celui de Sarah soulignent d’ailleurs ses soutiens : d’abord scolarisée au collège de Darnétal où elle a appris le français et réussi son brevet, elle a ensuite rejoint un lycée professionnel à Maromme où elle a décroché, en juillet 2021, son Bac Pro ASSP (Aide Service Soins à la Personne), avec mention. Et c’est tout logiquement qu’elle s’apprêtait à poursuivre son cursus en Normandie, en rejoignant la Croix-Rouge pour devenir aide soignante : un rêve pour la jeune femme qui souhaite « travailler en France et venir en aide à ceux qui en ont besoin ».

Mais Sarah est aujourd’hui inquiète quant à la concrétisation de ses aspirations : cette obligation de quitter le territoire qui pèse sur elle remet en cause tout son avenir. D’ailleurs, comme le souligne la pétition, Sarah « n’a plus aucune attache dans son pays d’origine, l’ayant quitté très jeune ».

« Elle a créé à Rouen des liens d’amitié et des liens professionnels forts »

Soutenue par une avocate, Sarah espère aujourd’hui que les services de la préfecture pourront examiner sa demande de rester en France, au vu de son parcours d’intégration exemplaire depuis qu’elle est arrivée dans le pays. « Elle a créé à Rouen des liens d’amitié et des liens professionnels forts, preuves d’une intégration totale et réussie », plaident d’ailleurs ses défenseurs via la pétition qu’ils ont lancée, qui ajoutent que pendant ses vacances, « elle travaille dans un Ehpad, à Maromme, où elle est très appréciée ».

Le point avec les services de la préfecture

Les services de la préfecture ont communiqué quelques éléments pour faire le point sur ce dossier et expliquer pourquoi Sarah doit remettre sa carte de séjour. Ils rappellent ainsi que Sarah est “entrée illégalement sur le territoire national le 26 février 2015, alors qu’elle était âgée de 13 ans et 4 mois”. Elle a effectivement été prise en charge par l’ASE “au titre de l’accueil provisoire d’urgence. Cette prise en charge par le Conseil départemental a perduré jusqu’au 30 juin 2020”.

Scolarisée de 2016 à 2020, Sarah s’est donc ensuite vu notifier “un refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français, en date du 10 août 2020”, poursuit la préfecture qui précise que la jeune femme a alors déposé une requête auprès du Tribunal administratif.

Conformément à l’injonction du Tribunal administratif de Rouen, une carte de séjour temporaire, valable du 8 avril 2021 au 7 avril 2022, a été délivrée à Sarah. Le préfet a interjeté appel auprès de la cour d’appel de Douai quant à ce jugement du tribunal de Rouen.

“La cour administrative de Douai a annulé le jugement du Tribunal administratif de Rouen. L’obligation de quitter le territoire, prononcée à l’encontre de Sarah Lebongo est donc exécutoire. Suite à l’arrêt de la cour d’appel, Mme Lebongo s’est vu retirer son titre de séjour qui avait été délivré au vu de l’injonction du Tribunal administratif de Rouen”, concluent les services de la préfecture.

Actu Normandie