Boissise-le-Roi (77) : A la rencontre d’un collectionneur fou de Banania

Domicilié à Boissise-le-Roi, David Rousteau consacre une grande partie de son temps à chiner tout ce qui est lié à l’univers de la marque Banania, sans oublier la polémique.

Il y a de tout chez les collectionneurs. A Boissise-le-Roi (Seine-et-Marne), David Rousteau s’est pris de passion pour la boisson chocolatée Banania. La marque, qui a accompagné l’enfance des plus âgés d’entre nous, a été créé en 1912 par Pierre-François Lardet, qui décidait de reproduire une recette découverte en 1909 dans un village au cœur de la forêt du Nicaragua. 

Une délicieuse boisson faite de farine de banane, de cacao, de céréales pilées et de sucre qu’il commercialise en fondant l’entreprise Banania. La 1ère guerre mondiale éclate et Banania devient la boisson réconfortante de la France en guerre. Pierre-François Lardet décide d’envoyer quatorze wagons remplis de la célèbre poudre chocolatée sur le front pour donner « force et vigueur » aux soldats, dont les tirailleurs sénégalais, qui se battent courageusement.

Il demande alors à son ami et ancien collègue Andreis, de lui dessiner l’un de ces tirailleurs sénégalais pour en faire le symbole de la marque Banania. Le slogan incriminé, lancé en 1915, en pleine guerre, à laquelle participaient les tirailleurs sénégalais, avait été retiré des emballages de Banania en 1977. C’est en 2006 qu’un accord d’abandon du célèbre slogan « Y’a bon » est tombé à la demande du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples).

Un slogan qui indigne

David Rousteau, Régiboissien de cœur depuis 32 ans, père de de 3 enfants, Cloé, Gersende et Oracio, qui partagent pleinement sa passion pour l’univers de la marque Banania, est tout à fait conscient que le slogan « Y’a Bon Banania » ait pu aujourd’hui faire débat et être censuré, et mesure la portée de l’image véhiculée durant plus de d’un siècle. 

« Je comprends que cette publicité ait choqué et choque encore une grande partie de la population, qui ne se reconnait pas dans l’histoire de Banania. C’est un pan de notre histoire que l’on a éliminé. Pour moi, il est important de replacer cette incroyable choc publicitaire dans son contexte. Bien évidemment qu’une telle campagne publicitaire n’aurait pas pu voir le jour aujourd’hui.»

Un musée à domicile

Pourquoi cette obsession pour la marque Banania ? David Rousteau l’explique tout simplement. « Chez ma grand-mère, il y avait une vieille boîte Banania dans sa cuisine. Je l’ai vu pendant 18 ans et je la trouvais incroyable. Elle sera à toi, me disait-elle, quand tu t’installeras dans ton 1er appartement. Tout un symbole pour moi et beaucoup de nostalgie quand j’y repenses. A 18 ans, lors de mon installation à Melun, cette boite a immédiatement trouvé sa place. C’est aussi simple que ça. Tout a démarré de là ».

Au fil des années de chine et de brocantes un peu partout en France, le collectionneur a amassé pas loin de 10.000 articles liés à l’histoire et l’évolution de Banania dans deux pièces de sa maison totalement dédiées à ces trésors. 

« Ça va d’une très large déclinaison de boîtes par époque, éventail, stylo, gomme, règle, vaisselle, bon-point, disco-bania, pièces du tour de France, coupures de journaux, étiquettes, bannière, miniatures, publicité en tôle, jeux pour les enfants….. 32 ans que je sillonne la Seine-et-Marne, la France pour dénicher l’objet rare et ce quel que soit son prix. Je m’habille également en Banania et on me surnomme Monsieur Banania. Tout est mis en oeuvre pour que cette collection soit unique ».

Toujours à la recherche du graal

Pour David Rousteau, cette mono-collection rythme sa vie au quotidien. « J’aime passer du temps dans mon musée, feuilleter à nouveau les albums que j’ai réalisés à partir de photos, d’articles de presse. Je découvre à chaque fois une nouvelle information qui me donne envie de trouver la pièce rare. Aujourd’hui, je cours après un présentoir Banania en forme de télévision. Les prix d’achat vont de 10 à 5.000 €. Le vélo du Tour de France m’a coûté 2.500€ et je pourrais le revendre 3 fois son prix. »

Ils sont, en France, quatre ou cinq collectionneurs incorrigibles capables de consacrer des heures et un budget conséquent à cette passion pour la marque Banania. « Nous échangeons régulièrement par téléphone ou internet car on ne peut pas effacer l’histoire. Celle-ci nous rassemble et nous pousse à poursuivre nos recherches. Il y a une réclame qui illustre parfaitement notre culte pour cette marque : « Vous pouvez vivre sans Banania. Oui, mais tellement moins bien ».

Contact : bananiaphile@gmail.com

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